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5 séries à binger avant la fin de l’été

À l’approche de la fin des vacances, il semblerait que le soleil ait lui aussi décidé de prendre quelques jours de congés. Pour occuper vos soirées (et vos journées) d’orage, la rédaction vous a sélectionné 5 séries à binger avant la fin de l’été.

THE OLD MAN : un thriller de haut-vol signé Jon Watts

Portée par un Jeff Bridges qu’on est ravi de voir revenir en forme après son lymphome qu’il avait révélé fin 2020, la série adaptée du roman éponyme de Thomas Perry surprend à plus d’un titre. En effet, la bande annonce vendait un spectacle vu et revu, concentré sur l’action pour compenser un scénario pas à la hauteur (comme c’est le cas pour The Terminal List) et laissant craindre une énième histoire d’agent trahi par ses supérieurs. Il n’en est rien car dès ses premiers instants, THE OLD MAN révèle au contraire sa nature de thriller au rythme posé, à l’ambiance prenante et à la mise en scène appliquée. On suit donc l’histoire d’un ancien agent de la CIA, interprété avec le talent habituel par Bridges, qui va voir son passé ressurgir et se retrouver traqué. Le scénario évite les écueils et développe au contraire des personnages touchants et complexes en prenant son temps. Cerise sur le gâteau, la réalisation est au rendez-vous, notamment lors des (rares) scènes d’action mises en scène par de longs plan-séquences aux chorégraphies travaillées, et la surprise est d’autant plus belle lorsqu’on découvre le nom du réalisateur au générique: Jon Watts. S’étant surtout illustré avec ses Spider-Man qui, s’ils demeurent des divertissements très sympathiques, ne montraient pas grand chose en matière de cinéma, l’homme surprend et démontre ici au contraire de solides qualités de metteur en scène. Comme quoi !

THE OLD MAN (7 épisodes d’environ 52 minutes) sera disponible sur Disney+ dès le 28 septembre.

the old man

MISS MARVEL : une fresque familiale sur la culture pakistanaise

Avec sa bande-annonce pop et acidulée, MISS MARVEL s’annonçait comme une série principalement à destination des adolescents et adolescentes. Mais après visionnage, cette nouvelle création des studios Marvel se révèle être une fresque familiale absolument passionnante sur le conflit indo-pakistanais. Ainsi, MISS MARVEL retrace l’histoire d’une adolescente américano-pakistanaise, Kamala Khan (Iman Vellani), fan de Captain Marvel, qui se découvre soudainement des pouvoirs. Dans les comics, ces derniers étaient activés par un gaz mutagène mais dans la série, la show-runneuse Bisha K. Ali a décidé de remplacer le produit par un mystérieux bracelet ayant appartenu à Aisha, une aïeule ayant disparu pendant la Partition des Indes. À l’instar de The Falcon & the Winter Soldier, MISS MARVEL ne représente pas ce moment historique complexe comme un vague souvenir. Au contraire, la série s’appuye dessus pour permettre à l’héroïne de mieux se comprendre et d’appréhender ses pouvoirs mais aussi pour faire découvrir un pan (souvent) inconnu de l’histoire au public. Après Moon Knight, les studios Marvel semblent jouer le jeu de la diversité et de l’inclusion en offrant des arcs narratifs riches qui sortent du point de vue occidental. Un parti pris qui, on l’espère, devrait bientôt enrichir les prochains films des studios…

MISS MARVEL (6 épisodes d’environ 40 minutes) est disponible sur Disney+

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BARRY : une odyssée comique en enfer

Méconnue du grand public, BARRY mériterait certainement davantage de considération tant elle excelle dans son entreprise ambitieuse d’alliance entre absurdité et quête initiatique. La saison 3, sortie en juin, confirme pleinement les espérances entrevues lors des deux premiers opus. Outre le déploiement d’un humour corrosif visant toujours juste, la série travaille un peu plus encore sur la question du héros. A la manière d’un passeur, BARRY voyage entre les tonalités et un mélange seyant des genres. L’ancien marine tente de trouver sa place au sein d’un fascinant microcosme fictionnel d’où l’absurde peut surgir à chaque instant, tout en restant bel et bien ancré dans une réalité tangible. Il est ainsi possible, le temps d’un épisode, de passer un casting pour Jay Roach avant d’aller affronter les plus grands cartels locaux. Cette fluidité réputée introuvable entre deux territoires hétérogènes polit un univers singulier, métonymique à plusieurs titres. La quête de célébrité insatiable de Sally dévorée par les rouages d’un système antipathique, les tourments de Gene Cousineau qui ne sait quel prix payer pour accéder à la gloire qu’il poursuit, le rêve américain moderne dans lequel se plonge l’extraordinaire Noho Hank… Sans jamais céder à l’exubérance, le récit ne néglige jamais ses personnages, tous dotés d’une profondeur et d’enjeux qui leur sont propres, jamais épargnés par un récit en perpétuel renouveau. BARRY observe et se nourrit de ces ingrédients pour soigner le traumatisme de la guerre, parfaitement illustré lors de multiples flash-backs. Reste à savoir où cette formidable odyssée prendra fin. Les créateurs Bill Hader (Barry dans la série) et Alec Berg, ont annoncé pour notre plus grande joie, une saison 4.

BARRY (3 saisons soit 24 épisodes de 30 minutes) est disponible sur OCS.

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BLACK BIRD : un thriller policier sous haute surveillance

Cela faisait plus de deux ans que nous n’avions pas vu Taron Egerton à l’écran. Depuis son interprétation flamboyante d’Elton John dans Rocketman, l’acteur anglais s’était fait plutôt discret en jouant sur les planches de Londres. Autant dire que son retour était attendu… et quel retour ! Dans BLACK BIRD, une mini-série en six épisodes, il incarne Jimmy Keene, une ancienne vedette de football américain arrêtée pour trafic de drogues. Condamné à une peine de dix ans de prison, il se voit offrir un deal : purger l’intégralité de sa peine ou intégrer une prison de sécurité maximale pour obtenir la confession d’un tueur en série présumé. Ce dernier, incarné par l’incroyable Paul Walter Hauser (L’Affaire Richard Jewell), est en effet soupçonné d’avoir tué plusieurs jeunes filles. À la croisée de Mindhunter et de True Detective, BLACK BIRD est d’une qualité exceptionnelle. Malgré son rythme lent, la série ne perd jamais en intensité ou en profondeur. En seulement six épisodes, l’auteur Dennis Lehane (Shutter Island) réussit à mettre en place une atmosphère sous haute tension grâce à des personnages terriblement complexes. En effet, outre les performances incroyables de Taron Egerton et Paul Walter Hauser qui, on l’espère, leur apporteront plusieurs nominations, BLACK BIRD profite également de la présence de Ray Liotta, décédé peu après le tournage. Une série à ne rater sous aucun prétexte. 

BLACK BIRD (6 épisodes de 55 minutes) est disponible sur AppleTV+.

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WE OWN THIS CITY : la nouvelle réussite des créateurs de The Wire

Durant l’épilogue de The Wire, MacNaulty observait les différentes strates de Baltimore et constatait qu’en 5 saisons de débats politiques, réformes policières ou autres projets utopistes, rien n’avait changé. Dès ses premières minutes, WE OWN THIS CITY s’inscrit dans la continuité de ce bilan sans équivoque. A partir de l’assassinat de Freddie Gray par la police en 2015 sont égrénés différents flux narratifs examinant les rouages d’un système aux aboies. Comme à son habitude, David Simon refuse toute forme de pathos au profit d’un réalisme brut. Le postulat de base de la série aurait pu faire craindre une variation supplémentaire autour d’un genre rebattu. Il n’en est rien. Le réalisme de la mise en scène allié à un montage exigeant mais jamais perturbant achève de convaincre et échappe à l’idée précise qu’on aurait pu se faire de ce type d’apologue désormais fréquent dans le paysage de la fiction. Wayne Jenkins (impeccable Jon Bernthal) cristallise l’ensemble des enjeux et permet d’élargir le panel au travers des époques et de multiples affaires.

Ainsi gravitent autour de lui de nombreuses figures permettant d’explorer des espaces méconnus du genre. Se cache derrière Simon réalisateur un journaliste qui a à cœur de traiter dans les plus grandes largeurs son sujet. De plus, l’écriture fragmentée permet d’assembler de nombreuses pièces savoureuses. On apprécie ainsi la trajectoire de Sean M.Suiter, dont le parcours est sûrement le plus significatif quant il s’agit d’étudier l’impact des bavures à échelle humaine. Nicole Steele, l’un des rares personnages inventés par Simon, engendre aussi un récit des plus pertinents sur le journalisme et le traitement réservé aux ripoux. Enfin, la vraie force de WE OWN THIS CITY est que la fiction fournit une clé pour pénétrer là où ni un reportage ni un documentaire ne pourraient prétendre avoir un impact similaire. En autorisant les voyages à travers le temps, le montage parvient à agrémenter la trame narrative de pièces à conviction essentielles pour comprendre la psyché complexe de policiers désormais dans une impasse. Chacun d’eux se fait d’ailleurs le narrateur de sa propre histoire et les scènes d’entretien amènent un comique de situation amer délectable. On oublie presque avoir affaire à une histoire pourtant bien réelle, et heureusement, la lucidité d’écriture propre à Simon nous rappelle dans un épilogue explosif que WE OWN THIS CITY est avant tout le récit d’un fait divers véridique. Une réussite totale dans le genre. 

WE OWN THIS CITY (6 épisodes de 55 minutes) est disponible sur OCS.

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