THE FALCON AND THE WINTER SOLDIER face au mythe de l’Amérique – Critique

Cette semaine marque la fin de THE FALCON AND THE WINTER SOLDIER, la nouvelle série des studios Marvel. Loin de l’univers précédemment peint par la pépite Wandavision, cette production se révèle finalement la plus politique du MCU. 

Diamétralement opposée à l’univers de Wandavision qui avait fasciné beaucoup de spectateurs lors de sa diffusion, THE FALCON AND THE WINTER SOLDIER retrouve une narration plus fidèle aux productions des studios Marvel. Devant la caméra de Malcolm Sellman, Anthony Mackie et Sebastian Stan reprennent leurs rôles de Sam Wilson/Falcon et Bucky Barnes/Winter Soldier pour faire face à un monde désorienté après la disparition de Steve Rogers/Captain America. Alors que les personnages de Wandavision évoluaient dans une ville en huis clos loin du monde après le Blip (événement durant dans lequel la moitié de toute la vie dans l’univers a été exterminée), le duo doit faire face à une nouvelle réalité maintenant que la moitié du monde est revenue.

notre critique de Wandavision

Ainsi, THE FALCON AND THE WINTER SOLDIER s’appuie sur un cocktail réussi en alliant des scènes d’action au genre du buddy movie. Or très peu de personnages de l’univers MCU sont aussi opposés que Sam Wilson/Falcon et Bucky Barnes/Winter Soldier. Alors que le premier évoluait en symétrie avec Steve Rogers/Captain America, le second semblait avoir trouvé son partenaire avec Rocket Raccoon. Néanmoins, la profusion de blagues et de punchlines leur permet de créer une alchimie assez particulière entre ces deux personnages en deuil depuis la disparition du symbole de l’Amérique. L’occasion d’en apprendre plus sur ces héros mais aussi l’opportunité pour le MCU d’offrir deux nouvelles idoles à un public orphelin depuis la disparition de Tony Stark/Iron Man (Robert Downey Junior) et Steve Rogers/Captain America (Chris Evans). Mais derrière cette mise en scène, la série se révèle également à travers son propos politique assez audacieux.

En effet, THE FALCON AND THE WINTER SOLDIER revêt une réflexion beaucoup plus profonde qui s’éloigne des réflexions auxquelles les films de super-héros ont pu nous habituer. Le MCU avait déjà interrogé la morale de ses spectateurs lors des événements des deux derniers Avengers (Infinity War, 2018 et Endgame, 2019). À l’époque, les protagonistes devaient faire face à la potentielle disparition de la moitié de l’humanité et devaient peser les sacrifices qu’ils étaient prêts à faire pour empêcher ce cataclysme. Désormais, cette partie du monde est revenue et les héros doivent faire face à l’apparition de nouvelles menaces nationalistes. Ainsi, au-delà de l’évocation des troubles de stress post-traumatiques abordés par le personnage de Bucky Barnes, la série pose une question préoccupante : Comment trouver sa place dans une société qui vous a oublié ? 

Comme le dirait Romain Gary, le patriotisme, c’est l’amour des siens et le nationalisme, c’est la haine des autres. Mais dans cet univers post-apocalyptique, qui incarne qui ?

Alors que le gouvernement créé un nouveau Captain America sur-mesure afin d’incarner ses valeurs, l’Amérique oscille dangereusement entre patriotisme et nationalisme jusqu’à sombrer dans une violente obsession. Ainsi, le monde de THE FALCON AND THE WINTER SOLDIER semble être secoué par les symptômes d’une ère post-Donald Trump dans laquelle l’Amérique blanche ne survit plus à ses propres contradictions. La jeunesse, incarnée par Karli Morgenthau (Eryn Kellyman), tente d’y trouver une place à travers les Flag-Smashers, un mouvement clandestin tantôt qualifié de révolutionnaire ou de terroriste. Face à elle, lors d’une confrontation fascinante, Sam Wilson/Falcon incarne à lui seul toutes les interrogations qui peuvent émerger autour de la figure d’un super-héro noir pour incarner l’Amérique. Le pays est-il prêt à embrasser la vision qu’avait eu Steve Rogers en confiant son bouclier à Sam Wilson

Beaucoup plus complexe qu’elle ne semblait l’être, THE FALCON AND THE WINTER SOLDIER rappelle que la culture n’a pas besoin d’être élitiste pour être politique. Malgré son manque d’audace en ce qui concerne les personnages, la création de Malcolm Spellman parvient à renouveler les productions de super-héros sans pour autant tomber dans une caricature dystopique à la Watchmen. À travers ses problématiques, la série permet également de faire avancer le feuilleton du MCU qui était en pause depuis Spider-Man : Far From Home. En effet, Wandavision se déroulait en vase clos et le prochain Black Widow semble davantage répondre à un caprice des fans pour en apprendre plus sur Natasha Romanova (Scarlett Johansson) plutôt qu’à faire réellement évoluer l’histoire.

D’ici quelques heures, Sam Wilson pourrait peut-être enfin soulever le bouclier de Captain America, symbole du justicier américain. Alors que le policier responsable du meurtre de George Floyd vient d’être reconnu coupable, THE FALCON AND THE WINTER SOLDIER pourrait bien devenir la série la plus politique des studios Marvel en donnant à voir une nouvelle mythologie dont le modèle serait désormais un homme afro-américain.

Sarah Cerange

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Titre original : The Falcon and the Winter Solder
Création : Malcolm Spellman
Acteurs : Sebastian Stan, Anthony Mackie, Emily VanCamp, Daniel Brühl, Erin Kellyman, Wyatt Russell
Date de sortie : 19 mars 2021
Durée : 6x49-60 minutes
3
Explosif
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