Nous voilà donc à mi-parcours de l’épopée cannoise. La sélection, prometteuse sur le papier s’est déjà bien dévoilée mais il nous reste aussi des gros noms (Refn et Dolan, par exemple – voir nos rétrospectives).

Oui, on a vu de belles choses, toutes compétitions confondues mais pas encore la grosse claque qui nous retourne. Cependant quelques œuvres intéressantes méritent qu’on parle d’elles..

TONI ERDMANN 

probablement le film qui sort le plus du lot. Cette comédie dépressive qui prend son temps est un travail d’orfèvre, portée par deux acteurs géniaux. On ne se doutait pas, au début de la projection, que le film allait nous toucher. A vrai dire, ça commençait très mal. Sauf que la mécanique très précise de Maren Ade a fonctionné et nous a emporté. Au point de nous livrer le premier frisson du Festival.

Toni erdmann

LOVING

son classicisme assumé a bien fonctionné également en terme d’émotions. Jeff Nichols pose un regard pudique sur ce couple et a bien failli nous arracher les premières larmes du Festival. Un beau film, certes moins clinquant que pouvait l’être Midnight Special, mais tout aussi maîtrisé.

loving -

AMERICAN HONEY

bien qu’on y perçoive des défauts et un sentiment de remplissage par instant, a fait son petit effet. Difficile parfois de dire à quoi tient la réussite du film mais quelque chose a marché…

american honey

DECEPTIONS

Malgré nos attentes, deux films nous on refroidi : LE BON GROS GEANT et MADEMOISELLE.
Le premier et son inégalité rythmique peine à nous convaincre sur la durée et le second n’affiche ses fulgurances que rarement, en plus d’être coupable d’une durée trop imposante par rapport à ce qu’il raconte.

bgg handmaiden

Et le cinéma français dans tout ça ?

La meilleure surprise vient à l’heure actuelle de la semaine et de l’attachant VICTORIA de Justine Triet. La folie du film, ses acteurs et sa sensibilité nous ont séduits du début à la fin. Un vrai saut pour la carrière de la réalisatrice, qui démontre qu’elle a déjà bien évolué.
D’ailleurs en parlant de folie, le Dumont est un sacré morceau ! Il fait office d’ovni dans la compétition et demeure la meilleure proposition que notre pays a apportée sur la croisette cette année. MA LOUTE !

Desktop14

Pour le reste, rien de faramineux. L’ECONOMIE DU COUPLE tente de passer en force mais ne fait que ressasser la même situation sans réelle idée de mise en scène. Le Guiraudie (RESTER VERTICAL) respire l’inégalité, passant du sublime au grotesque. Tout cela n’est rien face au léthargique MAL DE PIERRES, mélodrame sans saveur, sauvé in extremis par des acteurs excellents. On se demande encore comment ce film peut arriver en compétition officielle, hormis pour saisir l’occasion de faire venir une jolie brochette de noms sur le tapis rouge.

Pour finir, on peut déjà se risquer au petit jeu des pronostics pour deux œuvres :

  • TONI ERDMANN pourrait repartir avec quelque chose de gros. Comme le Grand Prix du Jury. Il peut aussi viser des titres individuels pour les deux acteurs principaux.
  • Joel Edgerton peut viser un prix d’interprétation pour LOVING

Voilà, c’est tout. Rien ne pourrait repartir avec plus pour l’instant ; on établira un vrai bilan et des pronostics plus concrets après les 4 prochains jours qui promettent monts et merveilles.

D’ACCORD ? PAS D’ACCORD ?

LE FESTIVAL DE CANNES SUR LE BLOG DU CINÉMA
Cannes 2016 affiche

proposer un article ?