Le Thelma et Louise venu d’Italie. Telle est la phrase – markétée – que l’on a pu lire pour nous inciter à découvrir le dernier film de Paolo Virzi.

Si toute ressemblance serait exagérée, on reconnaîtra,au mieux un clin d’œil ou une sympathique référence tant FOLLES DE JOIE possède sa propre personnalité et une puissante énergie de tous les instants. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors de ce dernier festival de Cannes, FOLLES DE JOIE a fait chavirer les cœurs des festivaliers au sein d’une sélection parallèle qui réserve – chaque année – son lot de surprises. D’ailleurs, on comprend pourquoi un tel engouement s’est immédiatement emparé des spectateurs pour ce film aussi lumineux que bouleversant.  Pour ce long métrage, Paolo Virzi a de nouveau fait le choix de confier un rôle fort à Valéria Bruni Tedeschi, après le succès de “Les Opportunistes. Cette dernière incarne le personnage de Béatrice, une mythomane compulsive et totalement extravagante. Elle vit à la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux et dans son envie d’évasion, elle entraîne – malgré elle – Donatella, femme meurtrie par un passé douloureux.

Paolo Virzi n’est pas le premier à s’intéresser aux personnes bipolaires, certains avaient traité les mêmes thématiques avec justesse et sensibilité (Daddy CoolMaya Forbes – 2015), tandis que d’autres pouvaient rater l’empathie avant de s’enfoncer dans le convenu (It’s Kind of Funny Story, Ryan Fleck & Anna Boden – 2010). Ici, Paolo Virzi et sa co-scénariste ont décidé de brosser deux portraits de femmes malades, perdues mais combatives. Si d’un côté, Béatrice est une menteuse compulsive et peu consciente de son infirmité, Donatella est quant à elle, totalement psychotique. A l’opposé l’une de l’autre, le scénario s’attache en plus, à décrire l’évolution d’une relation d’amitié qui deviendra quasi-vitale. Plus qu’une épuisante bataille contre la maladie, FOLLES DE JOIE nous plonge au cœur des femmes et de leurs regrets. Sur la totalité du long métrage, on va découvrir deux attachantes histoires, celles de nos deux héroïnes, qui luttent contre la difficulté des relations humaines plus que la névrose. A la limite de la mélancolie et à la recherche de émancipation salvatrice, ce road-trip improvisé avance à mesure que le récit ne s’assombrit avant d’achever le spectateur dans sa dernière partie.

Photo du film FOLLES DE JOIE

FOLLES DE JOIE arrive également à doser un humour ravageur et habilement placé. Et ceci rendu possible grâce à l’épatante composition de Valéria Bruni Tedeschi. Effacée chez Bruno Dumont (Ma Loute, 2016) dans un rôle d’épouse transparente, elle apparaît ici très bavarde, dans un phrasé italien presque caricatural si ce n’était pas réjouissant. A ses côtés, Micaela Ramazzotti tranche parfaitement la différence, habitée par un obscur personnage au mutisme dérangeant. Si le film ne repose pas uniquement sur les épaules de Valéria Bruni Tedeschi, le metteur en scène constitue un génial binôme qui sera – en sus – transcendé par sa direction d’actrices.

“Folles de joie est teinté d’un redoutable sentimentalisme. Il est  alors impossible de ne pas fondre pour ces deux cinglées.”

Quant à la mise en scène, à défaut d’être originale, elle reste précise, symbolique et légère. Magnifiée par une sublime photographie, elle n’en reste pas moins efficace. C’est en effet par le jeu des couleurs, des rayons de soleil frisant les visages, et de la musique, que FOLLES DE JOIE impose l’adhésion. A l’image de cette folle escapade, l’émotion évolue de manière crescendo dans ce bouleversant film tornade. FOLLES DE JOIE est teinté d’un redoutable sentimentalisme. Il est  alors impossible de ne pas fondre pour ces deux cinglées.

Sofiane

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[CRITIQUE] FOLLES DE JOIE
3.8coup de cœur
mise en scène & narration
scénario
Interprétation / Direction d'acteurs
émotions / empathie
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[CRITIQUE] FOLLES DE JOIE

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