À peine sortis de la séance de l’excellent Night Call, que nous apprenons que  est en plein tournage de LA RAGE AU VENTRE (critique, ICI), prochain film d’ Antoine Fuqua !

Si le réalisateur n’aura été coupable que d’un vrai succès critique/public : l’excellent Training Day (Oscar pour Denzel Washington). Le reste de sa filmo n’aura fait que naviguer entre films moyens et déceptions (Equalizer). Espérons que ce film (l’histoire très personnelle d’un boxeur dont le succès professionnel impacte la vie privée) aux forts relents de fighter  saura retrouver le génie du premier hit !

En tous cas, la transformation physique de Jake Gyllenhaal est incroyable ! Passant tout de même de ça, dans Nightcrawler,

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à ça dans SOUTHPAW !

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On observe généralement ce genre de transformations en milieu de carrière, lorsque l’acteur ou actrice se retrouve plus ou moins affilié dans un certain type de personnages, et souhaite convaincre critique et public de son talent et de sa versatilité.
Parfois, c’est un peu plus complexe : la performance allie un moyen de sortir de l’anonymat et l’établissement d’un discours avec le spectateur, à propos de sujets de société.

Bref.
On a du coup eu l’idée de faire un  récapitulatif des performances/transformations qui nous ont le plus impressionné !

L’essai le plus récent est celui de : Transformers 4 VS The Gambler – pour une performance qu’on ne peut juger qu’au travers de sa bande-annonce, pour l’instant.

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Christian Bale, lui s’est fait spécialiste du yoyo oscarisable.
L’acteur commença avec son interprétation de Trevor Reznik dans l’excellent The Machinist (2003) avant de revenir 6 mois plus tard en Bruce Wayne… Puis, sans doute galvanisé par l’expérience, recommença avec Fighter (2010), avant de retrouver un physique « normal » dans Flowers Of War de Zhang Yimou (2011) .  Dernier coup de bluff à l’américaine : American Hustle (2013), ou prothèses, maquillages et régimes grossissants l’ont aidé à être nominé à l’oscar, tandis qu’on le reverra bientôt dans EXODUS, en Moïse.

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Les femmes se prêtent bien moins souvent à l’exercice. On peut y voir la règle typiquement hollywoodienne qui voudrait qu’une actrice ait une « date limite d’expiration »… Ce que David Cronenberg abordait avec cynisme dans son Maps To The Stars !

Altérer son corps et surtout son image, le temps d’une interprétation mémorable ? On imagine ainsi le choix draconien à effectuer…
Les transformations physiques d’actrices sont donc plus souvent synonymes d’artifices (Meryl Streep, La Dame de Fer, Glenn Close, Albert Nobbs…) que de prise de risque corporelle :
est donc le seul exemple flagrant et féminin/hollywoodien dont nous nous souvenons… Et encore, les maquilleurs ont sans doute également participé à la transformation. C’était pour son rôle dans le très moyen Monster (2003), sachant que six mois plus tôt, l’actrice sortait Braquage à l’italienne.
Un oscar à la clé… Mais également le sujet d’une des blagues les plus hilarantes de Arrested Development !

 

Monster / Braquage à l'italienne

Monster / Braquage à l’italienne

Arrested Development

Arrested Development

 

Les autres exemples féminins sont moins « américains » : Renée Zellwegger fut Bridget Jones (2000) et Irene dans Fous D’Irène à 6 mois d’intervalle.
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Plus ancien, la toujours parfaite avait pris 20 kg pour Muriel (1994), puis revint – 2 ans plus tard tout de même, avec Cosi.
Une performance-emblème d’une génération, de la part d’une actrice toujours parfaite, mais malheureusement, souvent reléguée aux seconds rôles.

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Si Charlize Theron ou visaient clairement l’oscar – qu’ils ont eu – on peut également observer ces performances muées par l’urgence, la volonté d’expérience ou un discours politique… À l’image de « l’énorme »  dans Hunger, d’Éric Bana dans Chopper ou d’ Yvan Attal dans le méconnu Rapt de Lucas Belvaux.

Hunger / Eden Lake

Hunger / Eden Lake

Chopper / La Chute du Faucon Noir

Chopper / La Chute du Faucon Noir

Yvan Attal dans Rapt

Yvan Attal dans Rapt

 

Enfin, cas à part : , pour Cast Away (Seul au Monde en français) : l’acteur prit et perdit pas mal de poids pour son interprétation de Chuck Noland.

À part, car il s’agit tout de même de l’équipe Hanks/Zemeckis, à l’oeuvre derrière le multi-primé Forrest Gump, machine à Oscars, quoi.
Seulement, la performance dépasse le simple cadre opportuniste : ce récit du « temps qui détruit tout » avait quelque chose de total et de sincère, malgré l’ampleur des moyens mis en jeu, ou son étiquette pub FedEx.
Un de nos films favoris, pour sa mise en scène bien sur, parfaite, mais également à cause de Tom Hanks, capable d’émouvoir, autant que d’agacer, de jouer la folie, le désespoir, la mélancolie, le courage ou l’émerveillement, toujours avec la même puissance.
Le changement de poids n’est au final, qu’une forme d’expression de ce véritable dialogue multi-facettes instauré par Tom Hanks avec le spectateur. Une prestation précieuse et nuancée qui « méritait un oscar » – et qui pourtant ne l’a pas eu : Russell Crowe (Gladiator) repartit avec la statuette cette année là.

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Bref. Tous ces changements physiques font, d’une manière ou d’une autre, qu’on se souvient d’une performance.
Ces acteurs et actrices, avec plus ou moins de calcul, de sincérité, sont rentrés dans l’inconscient collectif !

Et Aussi :
Vincent Cassel pour Mesrine,
Matthew McConaughey / Jared Leto pour True Detective / Dallas Buyers Club / Chapitre 27
Vincent « Gommerpyle » D’Onofrio pour Full Metal Jacket
Robert de Niro pour Raging Bull puis pour Les Incorruptibles,
50 cents, Benicio Del Toro…

N’hésitez pas à nous faire part d’autres exemples de changement de poids notables de la part d’acteurs, illustrant ces quelques exemples !

INFORMATIONS

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CRITIQUE
LA RAGE AU VENTRE, ou quand Oscar rime avec Régime
– Un trailer sans subtilité mais ultra-convaincant

• Titre original : Southpaw
• Réalisateur : Antoine Fuqua
• Scénario : Kurt Sutter
• Acteurs principaux : Jake Gyllenhaal, Rachel McAdams, Forest Whitaker, Naomie Harris, Victor Ortiz
• Pays d’origine : État-Unis
• Sortie : 29 juillet 2015
• Durée : 2h03 min
• Distributeur : The Weinstein Company
• Synopsis : Champion du monde de boxe, Billy Hope mène une existence fastueuse avec sa superbe femme et sa fille qu’il aime plus que tout. Lorsque sa femme est tuée, son monde s’écroule, jusqu’à perdre sa maison et sa fortune. Pire, la garde de sa fille lui est retirée, la justice estimant son comportement incompatible avec son rôle de père. Au plus bas, il trouve une aide précieuse en la personne de Tick Willis, un ancien boxeur avec lequel il reprend l’entrainement. Billy va devoir se battre pour trouver la voie de la rédemption et regagner ainsi la garde de sa fille.

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