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Saga Spider-Man : on a classé les films du pire au meilleur – Analyse

On y est : dans deux jours, Spider-Man est de retour pour tisser sa toile sur les écrans, pour la huitième fois en 20 ans. L’occasion de revenir sur les précédentes aventures de l’homme-araignée au cinéma, au sein d’un classement des plus subjectifs.

7ème place (et bon dernier) : Spider-Man – Far From Home

Pourquoi il n’était pas nécessaire ?

Sans jamais avoir la prétention de dépasser son statut de divertissement estival, Far From Home déçoit par son avarice dans le déploiement du spectaculaire, pourtant inhérent au héros. La prétendue originalité du scénario consiste à faire voyager Peter Parker à travers l’Europe sans qu’aucun rebondissement ne fasse avancer l’intrigue, laquelle se révèle fatalement prévisible et lassante. Ne restent que quelques instants figés où le danger se calque sur l’imaginaire débridé de Jon Watts. Malheureusement, l’affrontement avec Mystério devient futile dès lors qu’il échoue à se mettre au service du récit initiatique. On se lasse ainsi de ces péripéties au charme informe, dans lesquelles les amourettes de Peter et MJ s’embourbent progressivement.

Faut-il le voir avant No Way Home ?

L’épilogue constituant à lui seul l’élément déclencheur de No way home, il est conseillé de revoir cet opus, du moins sa fin. On apprécie d’ailleurs la présence de J. Jonah Jameson dans une scène post-générique, seul indice en 2019 d’un hypothétique Multiverse.

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6ème place : Spider-Man Homecoming

Pourquoi il n’était pas nécessaire ?

2017 : la plupart des productions Marvel s’attardent sur un nouveau personnage dans un univers qui lui est propre. La figure du héros, introduite au préalable dans un ensemble plus vaste, a ainsi droit à son « one-shot », une aventure dont il est la pierre angulaire. Suivant ce raisonnement, Tom Holland s’empare à nouveau du costume de Spidey après un passage express mais remarquable dans Civil War. Une trentaine de plans, une séquence : il n’en fallait pas plus pour attiser la curiosité et braquer les projecteurs sur l’Homme-araignée, le temps d’un film. Malheureusement, Homecoming est un pétard mouillé, qui se contente de narrer avec une certaine rigueur l’idylle vécue par un adolescent attristé qu’on lui confisque son costume multi-fonction. Hormis une tirade sur l’armement et la position de Stark en tant que fournisseur mondial (éléments auxquels Spider-Man répond logiquement par des coups (!)), ces deux heures sont vides de sens et les personnages ne sont que des faire-valoir au champ sémantique du « fun ». Reste une scène post-générique plutôt réussie, où Captain America en prend pour son grade.

Faut-il le voir avant No Way Home ?

Non, rien ne légitime son visionnage.

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5ème place : Spider-Man 3

Pourquoi c’est raté ?

2007 : Spider-Man est à son apogée, après deux opus marquants. Cette suite avance de solides arguments : outre l’assemblage d’antagonistes crépusculaires unis pour mettre à mal le héros, son passage vers l’âge adulte semble être compromis par la promesse d’un affrontement fratricide avec Harry Osborn. Le questionnement quasi-méta qui faisait la force des deux premiers opus est évincé par le surplus d’enjeux, qui confèrent au récit un caractère étonnamment brouillon. Spider-Man 3 enchaîne les séquences aux rebondissements mous, reposant sur les erreurs commises par Peter, et la manière dont il va les corriger. Le grotesque s’immisce même par instants et prend les traits d’Eddy Brock, Venom sans consistance, prétexte à un affrontement final où l’épique reprend heureusement forme. Sam Raimi est toutefois maître dans l’art d’imaginer des caractères tourmentés, hauts en couleur. Dans cet exergue, Sandman est une réussite, et ce malgré l’inutile lien sorti de nulle part avec le passif de Spidey. Globalement oubliable.

Faut-il le voir avant No Way Home ?

Pas forcément. Peut-être que Watts voudra introduire d’autres antagonistes présents dans ce troisième épisode, mais la notoriété décroissante du film laisse penser qu’il est inutile de prendre connaissance de son contenu.

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4ème place : The Amazing Spider-Man 2 – Le destin d’un héros

Pourquoi ça passe (par moments) ?

Mark Webb n’a pas la notoriété d’un Sam Raimi. Pour autant, sa propension à s’accaparer des cadres urbains dans lesquels s’immiscent tension et action détonnent. Les premières séquences de Amazing Spider-Man 2 laissent présager de beaux jours pour la suite de la saga. De l’introduction tout en justesse d’un Electro tourmenté et baroque jusqu’aux combats à taille humaine où Parker est mis en difficultés, le train s’engage sur des rails convaincants, avant de s’effondrer lamentablement. La forêt de stéréotypes finit par cacher ce joli départ. Les interprètes, plutôt convaincants, sont malheureusement prisonniers d’un système formel et rigide, comme si Webb se mettait subitement à obéir aux codes d’un divertissement lisse et inepte. L’épilogue, loin de générer l’émotion, achève d’enterrer nos espoirs et cette vision très conformiste de l’homme-araignée.

Faut-il le voir avant No Way Home ?

Apparemment, oui. Les références à ce second opus se démultiplient tout au long du trailer de Far From Home, à l’image d’Electro, bel et bien de retour, ou de ce plan iconique sur la main tendue de Spidey vers MJ. Simple allusion ou réel impact sur cette fin ?

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3ème place : The Amazing Spider-Man

Pourquoi globalement ça fonctionne ?

La notoriété de Spider-Man dans la culture populaire fait de lui le second super-héros de l’ère moderne à avoir droit à un reboot, après Batman. En 2012, Andrew Garfield succède ainsi à Tobey Maguire dans la peau de l’homme-araignée, et se met au service d’un récit aux enjeux plus mesurée. Un seul véritable antagoniste, trois personnages principaux, une atmosphère plus proche du Hulk de Ang Lee que du Marvel post-Iron Man. Une transition lente et contemplative avec un Peter Parker plus introverti, moins en proie aux tourments. On se délecte ainsi de ces longs moments de solitude où Spidey tente de développer ses nouveaux pouvoirs. Bien loin de la douceur amère post-puberté avec laquelle Raimi pensait son héros, Webb confronte son personnage à des problématiques plus contemporaines, moins complexes. Les comportements grégaires auxquels Spidey s’oppose, sa place au sein du groupe, sa relation avec Gwen : un retour rigoureux et moins grandiloquent qui introduisait des bases solides, sans réels échos. Quelques séquences mémorables aussi, comme cet affrontement avec le lézard dans une école, ou cette traversée de la ville de grue en grue. Une agréable friandise qui s’oublie malheureusement aussi vite qu’on la déguste.

Faut-il le voir avant No Way Home ?

Pas nécessairement, sauf s’il s’avèrerait qu’Andrew Garfield joue un rôle prédominant dans le film de Watts. Les fuites semblent aller dans ce sens, l’acteur a démenti. Vu les trailers, on se dit qu’il est fort possible de recroiser à nouveau l’interprète dès mercredi dans les salles.

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2ème place : Spider-Man 2

Pourquoi c’est grand ?

Au début des années 2000, il était possible d’écrire des scénarios où le grand spectacle pouvait se confondre avec un récit entremêlant tensions et enjeux passionnels. Spider-Man 2 s’inscrit dans la même veine que son prédécesseur, polymorphe, entre divertissement grand public et quête initiatique d’un héros tourmenté, confronté à la noirceur d’antagonistes froids et brutaux. Doté d’une identité visuelle indéniable, le film aligne les séquences cultes, sans jamais trahir son support d’origine. Ainsi, l’impression d’avoir assisté à la mise en scène d’un comics en live-action prédomine à la fin d’un opus qui aurait dû avoir un successeur à la hauteur de sa démesure. Des couleurs à la musique en passant par l’interprétation marquée par des acteurs à leur apogée, aucun metteur en scène (sauf peut-être Christopher Nolan) n’a su retrouver cette tonalité unique qui a fait basculer le film de super-héros vers des sphères insoupçonnées. L’apparition marquée d’Octopus joué par Alfred Molina dans la bande-annonce traduit l’impact de cette œuvre, plus qu’une autre, dans le paysage bien terne du divertissement contemporain.

Faut-il le voir avant No Way Home ?

Oui ! Et Watts va devoir faire attention à ce qu’il produit en s’accaparant un héritage décidément bien lourd à porter. Octopus semble jouer une place prédominante au sein de l’intrigue, mais la manière dont il se fait railler par Parker et ses amis n’est pas source d’optimisme. On espère que le Doc aura bien droit à ses instants de gloire, et ce même si on se doute que toute la profondeur du personnage sera négligée.

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1ère place : Spider-Man

Pourquoi c’est un chef-d’œuvre ?

Difficile d’ajouter quelque chose à un tel édifice. Outre le récit de la naissance de l’homme-araignée, Spider-Man premier du nom se situe au croisement d’une quête identitaire freudienne et des codes de la tragédie antique, le tout au sein d’une valse riche en morceaux de bravoure. Raimi réalise son rêve d’un héros simple et touchant, confronté à la rigidité d’un monde nimbé d’une atmosphère maléfique. L’apprentissage singulier qu’il subit l’amènera à réfléchir cet univers étrange, doux-amer, où il forgera son soi-intérieur. Jamais la psyché du héros moderne n’avait été questionnée avec une telle ardeur, dans un cadre aussi singulier. Car outre la pertinence narrative, le New-York de Raimi est un parc d’attraction où sont cachés de multiples essarts hantés. L’horreur, lorsqu’elle surgit, atteint physiquement le personnage et le sang devient un motif à part entière de l’histoire. Le folklore tumultueux ainsi engendré n’aura jamais d’égal, tout comme l’antagoniste qui y oeuvre. En parallèle de l’introspection à laquelle Spidey est soumis, se construit face à lui un bouffon vert aussi génial qu’effrayant. Les séquences où Willem Dafoe s’accapare les traits du personnage sont glaçantes et participent à l’inquiétude sous-jacente d’un danger pouvant surgir de n’importe quel recoin du cadre. Une réussite intemporelle.

Faut-il le voir avant No Way Home ?

Oui, et même privilégier le visionnage de ce film à la séance de cinéma si vous ne l’avez pas encore vu.

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Emeric

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