Après son somptueux Ida, oscar du meilleur film étranger, le polonais Pawel Pawlikowski s’offre une première sélection en compétition à Cannes avec Cold War, une histoire d’amour se déroulant au début de la guerre froide.
Si les deux films ne sont pas racontés à la même période, Cold War pourrait se voir comme une sorte de suite spirituelle à Ida. Ayant finalement quitté ce couvent dans lequel elle était prisonnière, Ida serait devenue d’un film à l’autre, Zula (Joanna Kulig), une chanteuse pleine de fougue, dotée de cette étincelle de folie à la polonaise, qui va faire la connaissance de Wiktor, un musicien plus âgé (Tomasz Kot). S’étalant sur une dizaine d’années, du début des années 50 jusqu’en 1964, ils vont s’aimer dans une ambiance feutrée, entre alcool et cigarettes, lui jouant et elle chantant.
Puisque la caméra de Pawel Pawlikowski a également fui le couvent vu dans Ida, elle est désormais autorisée à bouger librement autour des acteurs. Les travellings et recadrages rendent la mise en scène plus traditionnelle cette fois-ci, d’autant plus que l’esthétique singulière du noir et blanc toujours éblouissant, s’additionne à cette transgression des règles du cadrage que l’on a découvert lors de son précédent film.
« Une romance sur papier glacé entre deux artistes insatisfaits de la vie[…]à la beauté parfois désespérée. »
Le réalisateur s’amuse toujours avec les plongées, décadrant ses personnages ou leur laissant beaucoup d’air au dessus de la tête. Un effet de surprise qui fonctionne moins ici, Pawlikowski nous donnant l’impression de se regarder un peu filmer, entre regards caméra et symétrie forcée.
Le couple formé par Joanna Kulig et Tomasz Kot, caractérisé par l’adage « fuis moi, je te suis », dégage une singulière aura et il est souvent beau d’assister à leurs nombreuses retrouvailles, leurs corps bougeant dans une image figée. Minimaliste, le récit de Cold War nous aura narré la rencontre de deux artistes qui n’arrivent pas à vivre ensemble et qui ne sont pas satisfaits par ce que cette vie a à leur proposer. D’une beauté parfois désespérée.
Loris Colecchia
[button color= »white » size= »normal » alignment= »center » rel= »nofollow » openin= »samewindow » url= »#comments »]Votre avis ?[/button]

• Réalisation : Pawel Pawlikowski
• Scénario : Pawel Pawlikowski, Piotr Borkowski
• Acteurs principaux :Joanna Kulig, Tomasz Kot, Jeanne Balibar, Cédric Kahn, Agata Kulesza
• Date de sortie : 31 Octobre 2018
• Durée : 1h24min



![[CANNES 2018] COMPTE-RENDU #10 : les derniers films et nos palmarès ! 23 poiriermarche 1](https://www.leblogducinema.com/wp-content/uploads//2018/05/poiriermarche-1-250x340.png)
