Smith mène une vie tranquille sur le campus – il traîne avec sa meilleure amie, l’insolente Stella, couche avec la belle London, tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet – jusqu’à une nuit terrifiante où tout va basculer. Sous l’effet de space cookies ingérés à une fête, Smith est persuadé d’avoir assisté à l’horrible meurtre de la Fille Rousse énigmatique qui hante ses rêves. En cherchant la vérité, il s’enfonce dans un mystère de plus en plus profond qui changera non seulement sa vie à jamais, mais aussi le sort de l’humanité.

Note de l’Auteur

[rating:4/10]

Date de sortie : 6 octobre 2010
Réalisé par Gregg Araki
Film américain
Avec Thomas Dekker, Juno Temple, Haley Bennett, Roxane Mesquida, Chris Zylka
Durée : 1h26min
Bande-Annonce :

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xel232_kaboom-teaser-smith_shortfilms[/dailymotion]

Gregg Araki est connu pour sa patte crue et fantaisiste en matière de cinéma sur la jeunesse. Il serait le Quentin Tarantino de la puberté, libre, insolent, farfelu. Selon les critiques partisanes, Kaboom nous offrirait de précieux moments de dévergondage et d’explosion des codes de conduite traditionnels. Certes, l’extravagance d’Araki se vérifie ici mais une question essentielle se pose : n’est-elle pas tout à fait gratuite ? Que gagne-t-on réellement à bambocher dans le vide, à secouer les reins sans joie ?

Le héros de l’histoire, un adolescent taraudé par ses pulsions sexuelles, refuse tacitement de choisir entre des partenaires hommes ou femmes. Il fornique aux quatre vents tout en éprouvant une tendresse particulière pour une jeune libertine prénommée London… Smith, ce héros timide mais généreux de sa personne, a le don de saisir l’avenir à travers les rêves. Ses prémonitions codées ne lui révèlent rien de moins que le destin funèbre de l’humanité. A l’approche de l’apocalypse, Smith part à la quête de sa propre identité, pris entre le feu de ses désirs charnels et la perspective d’une catastrophe mondiale qui y mettrait fin.

La proposition d’Araki tranche avec le cinéma du sexe-cauchemar auquel une batterie de films nous a habitué, depuis Basic Instinct jusqu’à l’inquiétante saga Millénium. L’ambivalence de Smith, son attirance déclarée pour les gens de son sexe, la nonchalance crue de sa meilleure amie, une lesbienne fort en gueule, la nymphomanie assumée de London, toute cette chienlit érotique ne se range pas sous l’étiquette de la culpabilité ou de la violence. Il y a chez ce cinéaste américain-la le goût de l’étendue, de la paillardise et du plaisir. C’est un bon point pour lui.

Néanmoins, si ce point séduit sur le papier, la direction d’acteur contredit cette idée. Aucun plaisir ne transpire de l’écran, dans la mesure où Smith et son petit cortège de bacchantes ne font qu’évacuer leurs pulsions plutôt que de chercher à les intensifier. Il s’agit de pisser un grand coup, c’est tout. Le sexe n’est qu’une démangeaison. Ce décevant résultat rend la prestation des acteurs insensible, atone. Araki compense cette tristesse par une exploitation décorative des couleurs vives à l’écran mais nous ne sommes pas dupes.

La liesse promise n’arrive pas et quant à l’idée complémentaire d’apocalypse, elle demeure totalement sous-développée. La dernière scène est un spectaculaire exemple de paresse créative. On a l’impression d’assister à l’abandon d’un travail. En définitive, Gregg Araki se contente d’un peu de vulgarité pour nous émouvoir. Seulement, la vulgarité n’émeut plus depuis la fin de l’hypocrisie puritaine des années 50. On est vacciné contre la chasteté depuis quelques temps. L’instinct de rébellion manque aujourd’hui d’une vraie mission, c’est là le problème. Le cinéaste qui trouvera cette mission commencera la nouvelle Nouvelle Vague. D’ici là, on reste déçu. La mèche de Kaboom prend l’eau, elle aussi.

proposer un article ?