Le tome 1 de Millénium étant conséquent, il était difficile d’approfondir dans cette adaptation cinématographique, l’ensemble des points abordés du roman de Steig Larson. Niels Arden Oplev a donc dû tronquer violemment l’histoire originale. Conséquence du format d’un film, mais ce n’est pas pour autant que nous devons le féliciter.

Cette adaptation prend rapidement dès airs de films « librement inspirés de ». Des personnages clefs sont effacés ( Erika, par exemple, qui entretenait dans le livre une relation particulière avec Mikael Blomkvist ) ; il en découle des changements majeurs dans le déroulement de la narration, jusqu’à une fin radicalement différente. Il est important de relever ces passages oubliés car ils formaient un lien subtil entre chaque évènement et apportaient une réelle profondeur aux personnages.

Le film propose des scènes qui se suivent et s’entrechoquent. Certains parleront de rythme, j’évoquerai plutôt un étouffement. Aucun élément du film ne prend le temps de s’installer, tout est jeter sur le tapis, seconde après seconde. Mickael trouve, avec une aisance déconcertante, des indices que la police n’avait pas trouvés depuis 40 ans, et tout cela, à l’aide d’une hacker parfois peu crédible.

Si les talents de Lisbeth Salander ne semblent être qu’une échappatoire rapide pour résoudre une problématique qu’a instauré l’histoire, sa personnalité est si intéressante qu’elle maintient l’ensemble du film.

Cependant si les talents de Lisbeth Salander ne semblent être qu’une échappatoire rapide pour résoudre une problématique qu’a instauré l’histoire, sa personnalité est si intéressante qu’elle maintient l’ensemble du film ( et du livre ). Elle est le seul intérêt que nous pouvons porter à ce premier volet de la trilogie. Interprétée par Noomi Rapace, Lisbeth instaure plus de suspens autour d’elle-même que ne le fait l’intrigue du film. Une actrice jusque là inconnue, dévoilée par le long-métrage, qui, pour ce rôle, a énormément travaillé son physique ( piercing, coiffure, boxe ).

Attention cependant à ceux qui n’ont pas encore lu le deuxième tome. Le film donne des informations majeures en ce qui concernent la vie de Lisbeth qui ne seront dévoilées que dans le deuxième livre « La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une boite d’allumettes ».

Pour les difficultés et l’exercice de style plutôt difficile que cause une adaptation cinématographique, Millénium aurait pu difficilement faire mieux. Il semble pouvoir garder l’attention de ceux qui n’ont pas lu le livre, pour les autres, le film n’apporte rien à l’univers de Stieg Larson ni au paysage cinématographique.

Alexandra

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MILLÉNIUM, LE FILM - Critique
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