[critique] Thirst – Ceci Est Mon Sang

Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l’avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d’origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d’étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pèlerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d’enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu’il éprouve pour la jeune femme…

Note de l’Auteur

[rating:8/10]


Date de sortie : 30 septembre 2009
Réalisé par Park Chan-Wook
Film sud-coréen
Avec Song Kang-Ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-Sook
Durée : 2h 13min
Bande-Annonce : [dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xanlou_thirst-ceci-est-mon-sang-la-bande-a_shortfilms[/dailymotion]

Quand le réalisateur de Old Boy et de Lady Vengeance donne naissance à un projet traitant du vampirisme longuement mûri depuis des années, ça donne Thirst, un drame humain d’une rare intensité nous entrainant dans un dédale à la fois poétique et violent.

Thirst nous entraine sur les traces de Sang-Hui, un prêtre qui, pour aider la science à trouver un vaccin contre un virus qui fait des ravages, décide de se porter volontaire pour se faire injecter le vaccin puis le virus. Terrible erreur de la part de ce fervent serviteur de Dieu qui du jour au lendemain va basculer de l’autre côté de la frontière entre le bien et le mal en devenant vampire. Sa soif de sang et ses désirs sexuels prendront rapidement le dessus sur ses convictions religieuses. S’en suivra une longue et douloureuse descente aux enfers qu’il ne fera malheureusement pas seul…

Doté d’une mise en scène impeccable, d’une bande originale lyrique inspirée de Bach et d’un jeu de lumière rarement égalé (Park Chan-wook excelle dans la manière d’imposer une atmosphère sans aucune concession), Thirst est avant tout un film sur la différence et plus particulièrement sur l’acceptation de cette dernière. Le vampirisme introduit ici, même s’il est d’une rare justesse et très loin de cette mode engendrée par Twilight, ne sert que de fil conducteur à une psychologie d’une rare intensité : chaque personnage réagira différemment face à cette différenciation qui le touche du jour au lendemain. La (re)découverte, tant charnelle que spirituelle, de ces deux êtres en perdition a quelque chose d’envoûtant et d’extrêmement poétique. Chacun joue son rôle avec brio même si la jeune Kim Ok-Vin se démarque du lot dans ce rôle paradoxal exhalant à la fois l’innocence et la perversité, l’amour et la haine.

Au final, Thirst est un véritable bol d’air frais nous venant du sud de la Corée. Emouvant, cruel et parfois très drôle, le film nous met face à un cinéma qui ne cesse de gagner en assurance depuis quelques années et qui se paie le luxe de coiffer au poteau nos voisins Outre-Atlantique avec l’une des histoires de vampire les plus magnétiques du moment. On ne pourra regretter que plus amèrement certaines petites longueurs alourdissant une atmosphère qui n’en avait pas besoin. Néanmoins, on ne peut que rester bouche bée devant un spectacle d’une telle maîtrise. Park Chan-wook mérite amplement son prix du jury du Festival de Cannes de 2009. Chapeau bas.

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choupynette
choupynette
Invité.e
3 octobre 2010 21 h 36 min

Je viens de le visionner, et si j’ai été totalement emballée par la photo, je dois dire que je me suis ennuyée pendant les premières 40/45 minutes. Mais à partir de la scène du meurtre du mari (clin d’oeil à Zola et Thérèse Raquin), j’ai trouvé plus de rythme, plus d’humour aussi.

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