Après le naufrage artistique du précédent Batman cinématographique de 1997 où jouait de la Bat-Carte de crédit dans un film qui n’en avait aucun (de crédit), reprendre la licence allait forcément être un chemin long et difficile. D’ailleurs, en 8 ans, les projets de refonte ont pullulé avant d’en arriver à l’oeuvre de en tant que telle, que ce soit en terme de scénario, de choix de réalisateur ou des différents acteurs : le rôle de Bruce Wayne aurait autant pu être dévolu suivant les versions à qu’à Ashton Kutcher en passant par… !

Autant dire de suite que le choix de pour jouer un Bruce Wayne sombre et torturé a été judicieux : crédible en milliardaire playboy un peu stupide autant qu’en justicier nocturne, il rend au personnage une stature que celui-ci a finalement peu eu dans les différentes adaptations cinématographiques. Le reste du casting est à l’avenant avec un discret mais efficace , de corrects et , et surtout d’excellents et ! Ces deux derniers jouent un Alfred aussi british que savoureux et un Inspecteur James Gordon que l’on croirait échappé de la BD « Batman : Year One », dont s’inspire pas mal le scénario du long-métrage. Chose étonnante : même la généralement très fade rentre assez bien dans un rôle de femme forte dans le film, qui reste pourtant ancré dans un univers comic-book assez masculin : à part 4 ennemies notables (Catwoman, Poison Ivy, Harley Quinn et Talia As’Ghul) et des compagnes / potiches, on peut dire que l’univers du Dark Knight reste quand même relativement mysogine.

BATMAN BEGINS se révèle être proche du reboot parfait : des origines digérées et renouvelées, un héros fidèle mais original et un environnement que ce soit en terme de casting ou de traitement visuel de haute volée.

Si on se penche sur le contenu du film lui-même, les choix de Christopher Nolan font de sa Gotham City une ville moins gothique que la version des films de Tim Burton, plus proche de mégalopoles classiques avec quelques touches de steampunk (le train menant à la tour Wayne). La photographie est assez sombre et oscille entre des tons gris très froids et des tons bruns liés à la pyrotechnie de certaines scènes, distillant en permanence une ambiance inquiétante dans cette ville. La construction et le scénario restent ensuite assez classiques : se basant sur les origines “canoniques” du héros, une bonne moitié du film est forcément très prévisible mais à l’image d’autres licences avec des personnages aux origines ultra-connues, comme par exemple Sherlock Holmes ou Spider-Man, la bonne exécution sublime souvent la redondance quand on est face à un personnage charismatique. On regrettera néanmoins dans l’ensemble du film une gestion parfois maladroite des combats les rendant souvent brouillons et quelques petites longueurs par ci par là : rien de bien rédhibitoire mais une petite ombre au tableau tout de même.

BATMAN BEGINS se révèle être proche du reboot parfait : des origines digérées et renouvelées, un héros fidèle mais original et un environnement que ce soit en terme de casting ou de traitement visuel de haute volée. Quelques petits défauts bien sûr mais on bénéficie ici du savoir-faire d’un Christopher Nolan inspiré et efficace.

Eric