, un court métrage taïwanais d’apparence anecdotique, mais qui se révèle petit à petit d’une indéniable fulgurance. À voir absolument

L’histoire: Alors qu’il dîne sur un Night Market, Ashin est abordé par une jeune femme, Elise. Elle l’entraîne dans un mystérieux jeu du chat et de la souris à travers les rues de la ville, jusqu’à un appartement à l’abandon étrangement familier. Ashin réalise alors que le jeu est allé trop loin : Elise a disparu, et la police débarque pour l’arrêter. Que s’est-il passé dans ce lieu, et qui est réellement Elise ?

Commençant comme une vulgaire comédie romantique, où deux protagonistes opposés en tous points (lui grave, elle légère) entament une conversation, et où en tant que spectateur, on voit bien où tout cela veut en venir. blablabla, elle va le séduire, blablabla, il va la séduire, et tout ça va se finir sur une caméra tournant autour d’amoureux s’embrassant, sur fond de Lettre à Elise. SAUF QUE NON.

Pile au moment ou cela pourrait paraître convenu, FÜR ELISE décide de basculer dans une sorte d’inquiétante étrangeté (ce qui est déjà WOW), avant de nous emmener dans un grand huit sensoriel naviguant entre plusieurs genres, du thriller pur-jus au film-cerveau, tout en osant sans vergogne bouleverser nos repères temporels. Le plus intéressant, c’est peut-être que l’histoire, les personnages, et même la mise en scène évoluent sans jamais regarder en arrière ce qui est d’autant plus fascinant que le scénario repose sur un principe de répétition. FÜR ELISE expose surprises après surprises, sans jamais pour autant tomber dans l’ostentatoire. Même l’agaçant gimmick sonore – La lettre à Elise – se révèle en tout points utilisé avec intelligence.

FÜR ELISE est clairement un petit choc dont il est limite dommage, de savoir qu’il en est un (on est désolés).
À voir absolument, aux Rencontres du cinéma taïwanais, le 9 février 2017 à 21h50