3 ans après, George Miller revient sur le devant de la scène avec enfin une suite à sa trilogie Mad Max. Pourtant présenté Hors-Compétition à Cannes, le film peut se targuer d’avoir fait déjà bien plus parler que La Tête Haute,  l’Ouverture de cette 68ème Edition.

En premier lieu, MAD MAX: FURY ROAD en impose par son rythme tonitruant. On est saisi dans les premières minutes et embarqué dans une folle course-poursuite étalée sur 2 heures. On en prend plein les yeux et même lorsque la tension retombe, la menace Immortan Joe guette et pousse le petit groupe de personnages mené par Max, à avancer. Dans ma critique de Mad Max 3, je disais : ” Ce qui manque, c’est cette énergie furieuse qui traversait MAD MAX 2 et où la menace de mort était omniprésente”. Miller est revenu à cet esprit et propose un film barjo, décomplexé et rock’n’ roll.

Dans son genre et pour l’époque, Mad Max 3 était un film assez impressionnant en terme de direction artistique. Ce n’est pas une surprise si, aujourd’hui, en 2015, FURY ROAD le surpasse totalement. Mais ça, mon cher ami Georgeslechameau en parle très bien dans sa critique.

La rétrospective MAD MAX

Ce qui fascine le plus dans ce nouveau volet c’est son côté féministe et sa résonance, hasardeuse ou pas, avec l’actualité. A l’heure où l’on parle de plus en plus de terrorisme et où le fanatisme ne cesse d’étendre son influence, FURY ROAD embrasse le sujet et semble en phase avec son temps. Immortan Joe mène par le bout du nez une tribu de fanatiques prêts à jouer les kamikazes pour avoir accès à un Valhalla promis. S’il prête à sourire dans les premiers instants, cet aspect sectaire est traité avec intelligence et provoque la réflexion. Au lieu de l’utiliser comme toile de fond, Miller en fait un arc scénaristique via le personnage de Nux, tournant le dos à celui qu’il adulait pour s’orienter vers une sorte de rédemption. Le personnage trouve une rédemption au sein de l’histoire mais aussi aux yeux des spectateurs. Alors qu’il apparaissait comme un crétin dans la première partie, il emporte finalement l’affection. L’autre rédemption c’est celle de Hugh Keays-Byrne, l’acteur qui incarnait le méchant dans le 1er Mad Max ! Pourquoi une rédemption ? Parce qu’il était, à mon sens, l’antagoniste le plus faible de la franchise et il trouve avec Immortan Joe un vrai rôle de bad guy marquant, au style dingue.

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FURY ROAD
imprime la rétine de plans ahurissants, entre iconisation et mouvements virtuoses, on en prend plein la gueule. Et on en redemande ! George Miller se lâche totalement pour notre plus grand bonheur. Maintenant que le numérique est devenu un outil majeur, il peut enfin laisser libre court à son inspiration. On sort lessivé de ce 4ème volet, content de voir ce qui semble être le meilleur épisode de la franchise. L’euphorie nous fait peut-être écrire des choses un peu exagérées mais qu’importe, on a pris notre pied. Derrière toutes ces scènes d’action se cache un blockbuster courageux et ouvertement féministe. La femme est réduite à l’état d’objet par Joe et veut s’en extraire pour retrouver sa liberté. Elles sont placées au même niveau que les hommes dans le film et ne subissent pas de traitement de faveur. Elles aussi peuvent prendre des (gros) coups, voir mourir. Rare sont les blockbusters à oser faire de la femme le moteur de leur film. Tom Hardy (qui fait le job) se retrouve accompagné par une petite armée de femmes à la suite d’événements dont il se serait passé. Il est enchaîné pendant 30 minutes, subissant l’action, dont une tempête de sable spectaculaire et sa figure de héros en prend un gros coup.

MAD MAX – FURY ROAD, redéfinition du cinéma d’action

Comme ce fut le cas dans les deux précédents, Max a pour objectif de suivre son propre chemin mais va être rattrapé par son bon côté, son instinct de flic, le poussant à aider les autres. C’est une règle bien connue du monde de Mad Max : seul, on ne survit pas. Règle dont il semble se souvenir, lorsqu’il choisit de revenir sur sa décision de suivre son propre chemin au lieu de Furiosa au travers du désert de sel.

Derrière toutes ces scènes d’action se cache un blockbuster courageux et ouvertement féministe.

Il n’est pas que question d’émancipation pour elles mais de plus. Les femmes prennent le pouvoir après un dernier rush épique. A la fin, après tout ce qu’elles ont fait, c’est au tour de Max d’aider une Charlize Theron agonisante. Parce qu’il sait qu’un monde sans femmes n’est pas envisageable. Les voilà maintenant, blessées mais bien debouts, s’élevant au-dessus d’une Citadelle retrouvée et symbole d’un avenir plus radieux. L’eau coule et l’espoir revient pour cette communauté. Max part encore et toujours pour de nouvelles aventures, accompagné d’une solitude qui lui sied à la perfection. Il peut partir tranquille, malgré les multiples dangers. Avec ces amazones aux commandes, la vie ne pourra qu’être plus paisible.

Maxime

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MAD MAX – FURY ROAD, un blockbuster courageux et ouvertement féministe - Critique
Titre original : Mad Max: Fury Road
Réalisation : George Miller
Scénario : George Miller, Brendan McCarthy, Nick Lathouris
Acteurs principaux : Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult, Adelaide Clemens, Zoë Kravitz
Date de sortie : 14 mai 2015
Durée : 2h00min
4.0Note finale
Mise en scène
Scénario
Rythme
Casting
Photographie
Direction artistique
Avis des lecteurs 10 Avis

MAD MAX – FURY ROAD, un blockbuster courageux et ouvertement féministe – Critique

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