The Jane Doe identity, une expérience horrifique bien différente de Troll Hunters, le found footage qui a fait connaître son réalisateur André Øvredal, six ans plus tôt.

Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden et son fils, médecins-légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité. Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, une force surnaturelle fait son apparition dans le crématorium…

Le décor est vite posé : un huis clos, deux protagonistes, l’enquête anatomique comme fil rouge du récit. On pourrait presque parler d’une efficacité de high concept, de celles qui aiguisent justement l’appétit des festivaliers (ceux de Gerardmer, où fut notamment présenté le film). Porté par deux interprètes de choix (Emile Hirsh et Brian Cox), le film réussit à insuffler un enjeu émotionnel par le biais d’une relation père/fils où s’entremêle la maladresse de divers sentiments, de la pudeur à la compassion en passant par la culpabilité; tressant ainsi un contexte crédible à la dramaturgie, là où d’autres divertissements privilégient le simple déroulement de l’intrigue, en négligeant l’implication du spectateur.

The Jane Doe Identity

THE JANE DOE IDENTITY ressemble étrangement à tous ces premiers films réalisés par des scandinaves sur le sol américain : une exploration d’un genre codifié, voire cadenassé, par un auteur tentant d’imprimer tant bien que mal, une patte particulière. On pense au Fear X de Nicolas Winding Refn, ou encore au It’s all about Love de Thomas Vinterberg, étranges objets cinématographiques ayant un je-ne-sais-quoi fascinant, mais insuffisant pour en faire quelque chose de mémorable. Dans la même mouvance THE JANE DOE IDENTITY, exprime une gestion du rythme et de l’empathie assez intéressante. André Øvredal propose une approche extrêmement précise – presque documentaire -, ponctuée par de microscopiques notes de surnaturel, pour introduire ses deux protagonistes ainsi que leur métier de médecins légistes durant une première partie plaisante et pesante.

On regrette en revanche que Øvredal n’ait pu circonscrire le récit au seul lieu de la salle d’opération, et se sente obligé dans le dernier tiers du film d’accumuler les effets horrifiques spectaculaires et convenus, là où un amateur d’épouvante justement dosée et insidieusement amenée, aurait préféré garder l’impression d’angoisse indicible du début. L’idée étant de superposer à l’autopsie du corps, celle du récit d’épouvante dans son ensemble, d’associer chaque étape à une révélation et un code du genre, le concept aurait semblé d’autant mieux tenu si la caméra restait focalisée sur l’opération. Malgré cette faiblesse, l’idée de départ reste suffisamment lisible à l’écran, et quel plaisir de voir un film qui fait vraiment flipper.

Par Arkham et Georgeslechameau

THE AUTOPSY OF JANE DOE a été présenté en compétition au festival du film fantastique de Gérardmer 2017, auquel notre cher Arkham fut membre du Jury SyFy. Si leur choix se tourna a l’unanimité vers l’immense Under The Shadow, le film de André Øvredal resta néanmoins l’un de leurs petits coups de cœur.

[CRITIQUE] THE JANE DOE IDENTITY
Titre original : Ak Nyeo
Réalisation : André Øvredal
Scénario : Ian B. Goldberg et Richard Naing
Acteurs principaux : Emile Hirsch, Brian Cox,Ophelia Lovibond
Date de sortie : 31-mai-201731 mai 2017
Durée : 1h39min
3.0Efficace
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GeorgeslechameauSweet Judas Recent comment authors
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Sweet Judas
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La bande annonce a l’air tout de même prometteuse, j’attends de voir parce que l’ensemble me rend curieuse. Surtout la première partie, de l’autopsie proprement dite, je trouve que c’est une entrée en matière plutôt originale… Et puis, en ce moment, niveau film d’horreur, je n’ai plus grand chose à me mettre sous la dent (en attendant The Girl with all the Gifts et Grave dont les premières images m’ont sacrément mises mal à l’aise).

[CRITIQUE] THE JANE DOE IDENTITY

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