festival hallucinations collectives 2024
festival hallucinations collectives 2024

Festival : les meilleurs films de genre projetés aux Hallucinations Collectives

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Du 26 mars au 1er avril 2024, le Blog du cinéma s’invite à Lyon pour les Hallucinations Collectives, festival dédié aux films de genre rares, inclassables ou hors normes. Suivez chaque jour nos impressions sur les films projetés !

Mardi 26 mars – Cérémonie d’ouverture

CONCRETE UTOPIA (Um Tae-hwa, 2023)

affiche du film Concrete Utopia

Les Hallucinations collectives se sont ouvertes avec Concrete Utopia, long-métrage coréen de Um Tae-hwa. Entre post-apo et film catastrophe, dans un Séoul où tous les bâtiments se sont effondrés à l’exception d’un seul immeuble resté intact, le film nous immerge dans l’organisation de la survie parmi les résidents. Dystopie effrayante, Concrete Utopia repose sur l’éternel et cruel fossé entre classe sociale de nantis et miséreux livrés à leurs sorts. Si le film crée une bulle presque en hui clos autour des résidants de l’immeuble, il ne manque pas moins d’aspects spectaculaires, avec des vues apocalyptiques saisissantes et une violence mesurée mais percutante. Du cinéma de genre typiquement coréen, avec un Lee Byung-hun magistral en tyran aux ascendants fascistes.

Mercredi 27 mars

WAKE UP (François Simard, Anouk Whissell & Yoann-Karl Whissella, 2023)

wake up affiche

Dernier né du collectif RKSS, composé des cinéastes québécois François Simard, Anouk Whissell & Yoann-Karl Whissell, Wake Up met en scène une équipée d’activistes adolescents, en pleine action dans un magasin d’ameublement désert. Manque de pot, le gardien de nuit se révèle être un psychopathe survivaliste, bien décidé à tous les massacrer un à un. Efficace et fun, Wake Up se distingue comme un slasher qui maîtrise parfaitement les codes de ce sous-genre du film d’horreur. Loin de considérer son spectateur comme un idiot, il parvient à surprendre là où le slasher actuel se complait dans des discours meta et rétro nostalgiques désormais fort éculés.

À noter : la séance des Hallucinations collectives s’est ouverte sur une présentation du prochain Stabathon, festival local consacré à la saga Freddy, dont Le Blog du Cinéma est partenaire.

Jeudi 28 mars

PENDANT CE TEMPS SUR TERRE (Jérémy Clapin – 2023)

pendant ce temps sur terre affiche

Jolie proposition de science-fiction française, Pendant ce temps sur Terre fait suite au remarqué J’ai perdu mon corps, long-métrage d’animation du même réalisateur. Jérémy Clapin explore à nouveau la thématique du deuil à travers l’histoire d’une jeune femme, dont le frère a disparu au cours d’une mission spatiale. Retenu en otage par une forme de vie extraterrestre, elle est sommée d’offrir aux ravisseurs quatre corps humains pour le voir revenir sur Terre. Dans un mélange poétique d’animation et de prise de vues réelles, le film offre une réflexion douce amère sur la valeur de la vie. Doté d’une photographie léchée et d’un travail du son remarquable, Pendant ce temps sur Terre est aussi empli de belles trouvailles visuelles, bien que son approche quelque peu auteurisante en laissera plus d’un sur le carreau.

Vendredi 29 mars

STEAK (Quentin Dupieux – 2007)

steak affiche scaled 1

Mal compris à sa sortie, STEAK devient peu à peu culte. Il faut dire aussi que, parmi les premiers métrages de Quentin Dupieux, il s’agit certainement du plus abordable. Il n’en reste pas moins un Dupieux, avec sa personnalité absurde et son esthétique propre. Au revisionnage, on s’aperçoit d’ailleurs qu’Éric Judor et Ramzy Bedia siéent parfaitement à l’univers du réalisateur, dans leurs jeux d’imbéciles heureux un brin naïfs. Un plaisir à redécouvrir sur grand écran et à recontextualiser dans la carrière de son auteur, qui enchaînera ensuite avec Rubber, son film de pneu tueur – comme un bras d’honneur à toutes les critiques de Steak.

NAPOLÉON DYNAMITE (Jared Hess – 2004)

napoleon dynamite affiche

Assez peu diffusé en France, Napoléon Dynamite fait partie de cette petite de vague de comédies américaines indépendantes qui ont su imposer leur style et devenir des succès commerciaux dans les années 2000. Centré sur la personnalité de Napoléon, un jeune lycéen rejeté par ses camarades gauche et mal dans sa peau, le film de Jared Hess témoigne de son ouverture au monde, qui accompagne celle de son entourage. Son ton absurde, son esthétique très Sundance et ses personnages tendres en font une comédie assez intemporelle, loin de souffrir le poids des années – chose rare dans les œuvres centrées sur l’adolescence.

Samedi 30 mars

EN BOUCLE (Junta Yamaguchi – 2023)

Affiche du film En boucle

Après Beyond the Infinite two minutes, Junta Yamaguchi persévère dans ses obsessions et nous enferme cette fois-ci dans une boucle temporelle de deux minutes avec les résidents d’un hôtel de campagne. En boucle se pare d’un charme bucolique et séduit autant par ses aspects feel good que par son montage calibré au millimètre. On remarque aussi le goût de l’auteur pour les blancs légèrement surexposés, qui donnent à son travail une patte caractéristique, teintée de poésie et de douceur.

WHEN EVIL LURKS (Demián Rugna – 2023)

when evil lurks affiche

On nous avait un peu trop survendu When Evil Lurks, qui finalement ne casse pas trois briques à un canard unijambiste. Pourtant, cette histoire d’entité démoniaque qui passe de corps en corps avait bel et bien du potentiel. Le film témoigne d’ailleurs d’un premier quart assez réussi, rythmé et nerveux, à l’angoisse latente. Malheureusement, il n’a ensuite plus rien dans le ventre. Tant et si bien qu’il tente péniblement d’instaurer une ambiance de film d’épouvante déjà vue cent fois. En résulte une plongée dans l’ennui longue et laborieuse.

THE BOXER’S OMEN (Chih-Hung Kuei – 1983)

boxer omen affiche

Dans le cadre de sa carte blanche, Robert Morgan, réalisateur de Stop motion – qui clôturera le festival cette année – a sélectionné The Boxer’s Omen pour ses qualités hallucinatoires et sa folie furieuse. Fleuron du film de magie noire hong-kongais, ce chef-d’œuvre du genre est effectivement empli d’une créativité folle et regorge d’idées visuelles à chaque plan. Un plaisir à redécouvrir sur grand écran, The Boxer’s Omen navigue entre rite initiatique bouddhiste, vengeance et sortilèges. Un vaste programme où il vaut mieux se laisser porter, plutôt que d’essayer d’y trouver un fil directeur.

Dimanche 31 mars

LATE NIGHT WITH THE DEVIL (Cameron Cairnes & Colin Cairnes – 2023)

late night with the devil affiche

Sur le plateau d’un talk show des années 70, les invités médiums, parapsychologues et sceptiques s’affrontent au renfort de démonstrations surnaturelles et de débats autour de leurs supposés dons. En quatre tiers avec un effet pellicule, Late night with the devil repose sur un concept amusant, ponctué de références, tant au monde de l’occulte qu’à l’univers de la télévision. Moins un hommage à ce type de divertissement qu’une parodie à la Network de Sidney Lumet, l’œuvre de Cameron Cairnes et Colin Cairnes relève plus de la tranche d’humour grinçante que du réel film d’épouvante. Pourtant, il offre quelques moments de frisson efficaces, qui auraient mérité davantage d’espace dans ces 86 minutes de grand spectacle.

TANK GIRL (Rachel Talalay – 1995)

tank girl affiche

Dans un monde où l’eau est devenue denrée rare, Rebecca et sa bande se battent contre un organisme de contrôle des ressources, le Pouvoir hydraulique. Cuisant échec commercial à sa sortie, Tank Girl a mis fin à la carrière au cinéma de sa réalisatrice, Rachel Talalay. Adaptation de la bande dessinée éponyme d’Alan Martin et Jamie Hewlett, le film mélange segments animés, séquence musicale, créatures de latex et scènes d’action, dans un univers punk girly à la bande son rock grunge. Un festival de l’aléatoire, ponctué de défauts techniques, qui n’enlèvent cependant pas à Tank Girl son charme désuet, sa dimension féministe et ses qualités de grand divertissement. En effet, le film vaut le coup d’œil pour sa bizarrerie jouissive, qui inclut le rappeur Ice-T grimé en homme-kangourou aux grandes oreilles.

Lundi 1er avril

LAST HOUSE ON DEAD END STREET (Roger Watkins – 1977)

last house on dead end affiche

Présenté dans le cadre de la carte blanche du réalisateur Robert Morgan, Last house on dead end street est ressorti plusieurs fois au cours des années 70 et au début des années 80, sans que son auteur ne soit informé du succès underground de sa création. Retitré au gré des tendances, ce film étudiant presque amateur a effectivement été projeté maintes fois en double programme dans les drive-in américains. Étrange œuvre de sexploitation d’une violence inouïe, Last house on dead end street retrace l’itinéraire macabre d’un réalisateur de porno, prêt à verser dans le snuff movie pour vendre des bobines toujours plus choquantes et inédites. Malgré la naïveté juvénile de son écriture, le film de Roger Watkins témoigne d’une créativité dérangeante dans ses actes de torture et ses mises à morts graphiques. « Une sorte de Voyeur, mais version hardcore », comme le définit Robert Morgan.

Le Palmarès

palmares hallucinations collectives 2024

La 17e édition des Hallucinations Collectives s’est clôturée ce lundi 1er avril avec la projection du film Stop Motion de Robert Morgan – drame sur la création d’une œuvre qui hante peu à peu son auteur. Lors de la Cérémonie de clôture, l’équipe du festival a décerné les différents prix des deux compétitions. Dans la catégorie longs-métrages, Late Night with the Devil de Cameron Cairnes & Colin Cairnes remporte le Prix du public, et Pendant ce temps sur Terre de Jérémy Clapin, celui du jury. Composé de jeunes spectateurs de la région, le jury a également accordé son second prix au court-métrage La Déchéance de l’homme taureau de Nicolas Jacquet. Enfin, le Grand prix court-métrage a été décerné à UWD de Brigitte Poupart & Myriam Verreault.

Lilyy Nelson

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