A l’occasion de l’exposition Game of Thrones qui se tient cette semaine (du 8 au 12 septembre) au Carroussel du Louvre à Paris, nous avons eu la chance de rencontrer les acteurs Ian Beattie et Liam Cunningham, venus exprès pour l’occasion. Les deux acteurs qui interprètent respectivement Meryn Trant et Sir Davos Mervault, sont revenus pour nous sur leur personnage, la série et leur expérience en général.

Attention ! Cet interview contient de nombreuses révélations et spoilers sur la saison 5 de Game of Thrones. Si vous n’avez pas encore vu celle-ci, il est fort conseillé de ne pas lire ce qui suit.

A lire également, l’interview d’Liam Cunningham.

AFP PHOTO / FLORIAN DAVID

AFP PHOTO / FLORIAN DAVID Liam Cunningham et Ian Beattie à Paris pour l’exposition

Ca vous fait plaisir d’être ici ?

– Ian Beattie : C’est un honneur d’être ici aujourd’hui pour l’exposition Game of Thrones et dans un endroit aussi merveilleux (le Carroussel du Louvre à Paris). C’est la première fois que je participe à une exposition, c’est un véritable honneur.

Parlez-nous justement de cette exposition.

I.B. : Ce que j’aime avec cette exposition c’est que lorsqu’on participe à une série comme Game of Thrones, on est dans une ligne scénaristique unique. Moi avec mon personnage je suis toujours à King’s landing et je ne peux pas rencontrer les personnages des autres lieux. C’est génial pour moi de pouvoir voir ici des costumes de ces autres storylines. C’est la réussite de l’exposition, nous emmener un peu plus dans l’univers de Westeros.

On remarque avec les accessoires et les costumes présentés une vraie attention aux détails.

I.B. : Oui et je pense que les fans vont vraiment apprécier cela. Dans mon cas, lorsque je mets l’armure de Sir Meryn, les gens me demandent souvent si c’est difficile à porter. Oui ça l’est car elle pèse 28 kilos mais ça aide pour le personnage. On enfile l’armure et tout à coup on EST Sir Meryn. C’est cette attention pour les détails de la part des créateurs, David Benioff et Daniel B. Weiss, qui rend la série si bonne.

Quelle partie de l’exposition préférez-vous ?

I.B. : Pour moi c’est définitivement l’expérience interactive « L’ascension du mur ». C’est incroyable ! En plus j’ai une immense peur du vide et de la hauteur. Donc d’être sur ce mur face au vide c’est effrayant pour moi. Mais j’ai adoré ça. Les fans vont être éblouis !

Comment avez-vous appris la mort de votre personnage ?

Pour annoncer la mort des personnages, David et Daniel, les créateur, sont très sympa. Ils vous appellent personnellement pour vous dire « Valar morghulis ». Ils m’ont ensuite expliqué que j’allais avoir une grande mort et qu’avant cela j’allais faire quelque chose d’horrible. Je me voyais déjà commettre un meurtre affreux, tuer Bronn ou un autre personnage très populaire ! Et puis j’ai lu le scripte…J’étais horrifié. En tant qu’acteur c’était l’un de mes plus grand challenge de créer un monstre pareil. Egalement parce que j’ai dû porter une prothèse sur les yeux. Je ne pouvais rien voir pendant sept heures d’affilées. C’était difficile mais pour un acteur ça vous met vraiment dans le personnage. Et ça aide pour la crédibilité.

Comment était votre dernière journée de tournage ?

I.B. : C’est très difficile de tourner sa dernière séquence. On sait qu’on ne reviendra pas. C’est comme quitter une famille dysfonctionnelle et incroyablement talentueuse. De plus la scène a été tournée à Belfast. Or je vis à Belfast. Mais je ne pouvais même pas passer sur le plateau. L’équipe se serait dit « mais il est mort, il n’est pas au courant ? Il faut que quelqu’un lui dise ! ». (rire)

”Game of Thrones est une étape importante pour la télévision, la série a changé la donne.”

Donc vous êtes morts c’est sûr ?

I.B. : Oh oui ! Totalement mort ! Je suis quand même allé voir David pour lui demander si Sir Meryn n’avait pas un frère jumeaux qui aime frapper les vieilles dames, mais non il n’y a aucune chance que je revienne.

Aviez-vous deviné qu’Aria serait le personnage qui vous tuerait ?

I.B. : Absolument. Je me souviens d’un épisode durant la saison 2 où j’aurais pu mourir. Mais David et Dan pensaient que mon personnage devait rester en vie car ils avaient autre chose en tête. J’ai su à ce moment là que lorsque ça viendrait cela serait avec Aria. Je ne savais ni quand ni comment mais j’étais sûr que c’était elle. C’était obligé.

Gardez-vous de bons souvenirs de votre aventure ?

I.B. : A chaque fois que je tournais une scène il y avait des bons moments. Plein de rires et d’émotions. En fait je n’ai eu qu’un mauvais jour sur le tournage. C’était pour le procès de Tyrion. On filmait sur quatre jours. Le premier jour je devais faire un discours en racontant les preuves contre Tyrion. Il y avait 500 figurants derrière moi, une équipe de 250 personnes devant, les meilleurs acteurs de la série, et impossible de faire sortir le moindre mots. J’étais juste bloqué.

Quand la série a commencé, vous attendiez-vous à un tel succès ?

I.B. : Non, personne ne pouvait l’imaginer. Je savais que c’était une série de qualité. Avec de grands acteurs et personnages. Je pense que ce qui fait son succès c’est qu’on ne sait jamais ce qui va se passer après. Cela a commencé avec la mort de Ned Stark à l’épisode 9 de la saison 1. Vous regardez la série et tout à coup vous vous dites : « ils ont vraiment fait ça ? ». Donc je comprend pourquoi c’est un succès. On est dans un âge d’or de la télévision avec les différentes plateformes et médias pour y accéder, et la manière dont la technologie évolue. Et je pense que Game of Thrones est une étape importante, la série a changé la donne.

Quel personnage voudriez-vous voir mourir dans la prochaine saison ?

I.B. : Oh il y en a beaucoup ! Hmm…(Ndlr : il réfléchit quelques instants) Tous les Bolton ! Roose, Ramsay, tous sans exception. Ils sont si mauvais, ils méritent une mort bien lente.

Qui voyez-vous sur le Trône ?

I.B. : Je ne sais vraiment pas qui finira dessus. Mais je serais très déçu si Tyrion, Varis ou Sir Davos ne sont pas présents comme conseiller. Parce que ce sont des personnages qui s’intéressent vraiment au peuple et à Westeros. Ils ont le sens de la justice.

Quel personnage auriez-vous aimé jouer ?

I.B. : Honnêtement n’importe lequel. C’est une série tellement géniale j’aurais pu tout prendre. J’avais d’ailleurs auditionné pour un autre personnage. Et j’étais furieux de ne pas l’avoir eu parce que je pensais avoir été bon dedans. Mais les créateurs sont venus me voir quelques semaines plus tard pour me proposer de jouer Sir Meryn. J’étais ravi !

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Comment vous voient vos proches avec ce personnage ?

I.B. : Mes enfants n’aiment pas que je joue ce personnage. Mais je ne suis pas comme lui vous savez. Je ne bat pas trop mes enfants. (rire)

Le casting est en grande partie Britannique, y a-t-il une fierté vis-à-vis de cela ?

I.B. : (Ndlr : il s’exprime exprès en français) Pardon mais, je ne suis pas un rosbif, je suis de Belfast, Irlande du Nord ! (rire)
Non évidemment il y a une grande fierté d’avoir autant de gens du Royaume-Uni, et d’autres endroits en Europe. Ca prouve qu’il y a une grande quantité d’acteurs de talents. Mais pour moi il y a également la fierté qu’une grande partie de la série soit tournée à Belfast, là où j’habite. Là-dessus on voit qu’HBO ne se pose pas de questions économiques et pour cela les gens peuvent leur être reconnaissants.

Au final, vous n’êtes pas déçu de quitter l’aventure ?

I.B. : Vous savez la plupart des acteurs tueraient pour jouer ne serait-ce qu’un jour dans Game of Thrones. Moi j’y suis resté 5 saison. C’était merveilleux.