Palm Springs -- When carefree Nyles (Andy Samberg) and reluctant maid of honor Sarah (Cristin Milioti) have a chance encounter at a Palm Springs wedding, things get complicated when they find themselves unable to escape the venue, themselves, or each other. Sarah (Cristin Milioti) and Nyles (Andy Samberg), shown. (Photo by: Christopher Willard/Hulu)

PALM SPRINGS, bloqués dans l’air du temps – Critique

Nommé aux Golden Globes et bénéficiant d’une réception favorable outre-Manche, ce remake d’Un Jour sans fin déçoit en ne déployant jamais son potentiel fictionnel.

Piscines turquoises, chemises à fleurs, cocktails : bienvenue à PALM SPRINGS, station balnéaire au sud de la Californie. Nyles s’y réveille chaque jour, bloqué dans une boucle temporelle le faisant revivre le même mariage indéfiniment. Sa vie prend un tournant inattendu lorsque Sara, sœur de la mariée, subit le même châtiment. S’en suit un récit lisse dont le principal ressort scénaristique engendre des péripéties attendues : Sara et Nyles suivent la trajectoire d’une relation passionnée mais vouée à l’échec, sans jamais sortir d’un récit prévisible qui aurait dû s’embraser.

Nyles fait pourtant part de ses exploits accomplis dans cet univers figé. C’est peut-être ce que le film aurait dû être : au lieu de se focaliser sur la résolution de ce subterfuge, PALM SPRINGS aurait dû en tirer tout son potentiel fictionnel. On aurait aimé voir Nyles expérimenter davantage les rouages de cette malédiction, or le film semble être bloqué, comme ses personnages, dans un flux de péripéties aseptisées.

Pour son premier film, Max Barbakow n’ose se perdre ailleurs que dans les méandres d’une comédie romantique insipide. Les protagonistes ne sont malheureusement pas à l’image des sitcoms qui les ont révélés (Brooklyn 99 et How I Met Your Mother) et ils échouent à se libérer des règles d’un scénario trop âcre. Les teintes des affiches ainsi que les bande-annonces laissaient entrevoir un récit délié, où Andy Samberg marcherait sur les traces du personnage de Moondog chez Korine ou de Doc Sportello chez Paul Thomas Anderson. Si The Beach Bum et Inherent Vice poussaient l’absurde à l’extrême, en explorant la part d’ombre de phalanstères édulcorés, PALM SPRINGS prend une tournure bien trop sage, refusant la vision onirique ou la contemplation. On regrette déjà Mandy, bouffée d’air libératrice parmi les sorties récentes, souvent ternes et dénuées d’audace.

notre critique de Mandy

Il est également regrettable de voir le personnage de J.K. Simmons rapidement éclipsé par la narration. Emprisonner un tel Minotaure dans ce labyrinthe était pourtant la meilleure idée du film, bien trop rapidement mise de côté. Alors qu’il aurait fallu entretenir cette part de mystère, préserver ce voile de fumée quasi-hypnotique, un didactisme redondant vient inutilement résoudre chaque énigme. Là où Un jour sans fin proposait un épilogue déconcertant aux sonorités similaires à celles de son récit, PALM SPRINGS bascule dans le vaudeville. Sara trouve un moyen d’éliminer la boucle en devenant subitement une experte en physique quantique, sous le regard étonné de Nyles, qui comme le spectateur, ne comprend plus grand chose.

On ne peut que donner raison à Nyles lorsqu’il énumère les avantages à rester dans cette boucle temporelle. C’est finalement au contact de ce néant qu’il s’affirme et trouve la lumière, notamment au travers d’un discours unanimement acclamé. De ses convictions surgit soudainement un déraisonnement illogique puisqu’il décide finalement de réfuter l’aliénation salvatrice pour rejoindre le monde des problèmes, celui dans lequel Sara trahit sa sœur. Le rejet de la fiction comme thérapie salvatrice au profit d’une fuite vers l’enfer du réel, tel semble désormais être le credo des comédies populaires de ce début d’année. A choisir, nous serions restés volontiers dans cette boucle.

Emeric

Votre avis ?

Note lecteurs0 Note
Titre original : Palm Spring • Réalisation : Max Barbakow• Scénario : Andy Siara • Acteurs principaux : Andy Samberg, Cristin Milioti, J.K. Simmons • Date de sortie : 12 février 2021 • Durée : 1h37min
1.5
Décevant

Zeen is a next generation WordPress theme. It’s powerful, beautifully designed and comes with everything you need to engage your visitors and increase conversions.

Plus d'articles
MANDY, cauchemar sous acide – Critique