Retour de la série évènement STRANGER THINGS sur avec une saison 3 plus qu’inégale qui laisse un arrière goût de déjà-vu.

Nous retrouvons donc pour une troisième saison (retrouvez ici les critiques de la saison 1 et 2), tous nos héros ainsi que de nouveaux personnages. C’est l’été et les amours battent leur plein quand l’ombre du Flagelleur mental vient ruiner les vacances bien méritées de nos protagonistes. Commence alors une quête non seulement pour le vaincre mais également pour se trouver soi-même et exprimer ses sentiments.

Parents soucieux et ados rebelles

Cette saison démarre donc en nous présentant les différentes relations dans lesquels les héros se sont engagés – Eleven et Mike, Max et Lucas et Nancy et Jonathan. Dans un effort pour caser tous les personnages nous avons également l’apparition de nouveaux venus tel que Robin et Suzie. Et de là émerge les gros problèmes de cette saison 3.Tout d’abord cette prolifération de personnages crée des lignes narratives disparates qui ne se rejoignent qu’à la fin et ne laisse que peu de place à certains personnages pour les développés plus qu’avant. Dans les premiers épisodes, l’accent est mis sur Hopper et ses problèmes parentaux. Cela aurait pu être très intéressant étant donné que nous en savons très peu sur sa relation avec Eleven depuis son adoption. Pourtant il est présenté comme beaucoup plus violent, voir toxique, que dans les saisons précédentes. Il devient le père caricatural qui veut protéger sa fille et est excessif dans ses actions. Pendant ce temps, d’autres personnages, et notamment Will, sont vaguement exploités. Will a peur de perdre ses amis à cause de leurs relations amoureuses qui lui le laisse indifférent. Mais pourquoi est-il si attaché à son enfance ? Nous ne passons pas assez de temps avec lui pour vraiment le savoir. De la même manière, l’éloignement de Dustin de ses amis et la punition que subit Steve semblent tomber du ciel tant et si bien que le début de la saison apparaît grandement arbitraire et fait pour créer des amitiés qui enclencheront l’histoire plus que des liens logiques.

D’un autre côté, les deux premiers épisodes utilisent beaucoup de clichés pour le moins basiques. Comme dit plus haut, Hopper tente de briser le premier amour de sa fille ou force Joyce à avoir un rendez-vous avec lui en se montrant perpétuellement jaloux sans être pour autant avec elle. Dans un autre style, on a la virée shopping entre filles pendant que les garçons sont en train de roter allongés sur le canapé, ainsi que des filles qui larguent leur copain mais veulent bien revenir en échange de cadeaux. Même Steve qui avait un vrai arc narratif intéressant dans les premières saisons semble retomber bien bas. Il est présenté à nouveau comme un playboy populaire qui devrait regarder les pauvres nerds qu’il n’a pas su voir au lycée. Sans mentionner le fait qu’on dirait n’importe quelle comédie romantique lycéenne, Steve semblait déjà dans la saison 1 s’être éloigné des problèmes de popularité en se rachetant auprès de Nancy.

De plus, et de manière assez problématique, Billy, le frère de Max, qui a un passé de violences envers sa soeur subit une sorte de rédemption. Il était en effet lui même malmené par son père et à la suite de l’abandon de sa mère, il est devenu violent. Sa mort à la fin de la saison est vu comme héroïque, il sauve Eleven. Pourtant, il reste l’auteur de nombreuses violences envers sa soeur et le présenter comme un sauveur devient presque gênant. Tout comme l’insistance de Hopper envers Joyce devient lourde lorsqu’il se montre virulent envers toutes ses rencontres.

En somme, une saison assez lente à démarrer et qui est heureusement, dans ses premiers épisodes, sauvée par Dustin et Nancy qui restent des personnages drôles, tout en soulevant de vraies problématiques comme notamment la place de la femme dans les années 80.

Revirements de situation

Heureusement, le Flagelleur mental est de retour. Finies les scènes gênantes et on passe à l’action. Plus implantée dans son époque que les précédentes saisons qui semblaient simplement vénérer le dieu pop culture, les Russes sont également aux trousses de nos héros. On court, on se bat mais surtout on affronte ses plus grandes peurs pour devenir ce qu’on était depuis le début. Malgré une prémisse pas très originale, le foisonnement de personnages et les démons qu’ils doivent affronter les rendent proches du spectateur, ce qui fait la force de la série.

Eleven devient plus humaine, elle grandit et en arrive même à perdre ses pouvoirs. Mais ce n’est pas grave, elle n’en a plus besoin car elle peut compter sur d’autres pour l’aider. Comme le dit la série, il lui suffit d’ouvrir la porte de trois centimètres pour voir qu’elle n’est plus seule. Une belle morale donc pour un personnage qui a commencé dans la plus grande solitude et qui peut enfin quitter la ville dans laquelle elle a grandi.

Toujours dans cette idée d’acceptance de soi, STRANGER THINGS nous propose enfin un personnage homosexuel ! Il s’agit donc de Robin, le love interest de Steve qui se retrouve les bras ballants lorsqu’elle lui avoue, qu’en réalité, elle ne s’intéresse pas à lui mais bien aux femmes. Malheureusement, ce coming-out manque légèrement de saveur. Tout d’abord il est utilisé comme un plot twist sans être construit auparavant. Elle va jusqu’à dire qu’elle observait Steve tout le temps au lycée ce qui se révelera plus tard être comme de la jalousie mais ce qui pousse également le spectateur à croire qu’elle l’aimait rendant donc son coming-out une véritable surprise plutôt que comme quelque chose de naturel. De plus, il aurait été appréciable de développer ne serait-ce qu’un peu plus, le traitement de la communauté LGBTQ+ dans les années 80 ou encore de voir un véritable couple homosexuel à l’écran plutôt que simplement la déception de Steve. Pourtant, on saluera tout de même l’effort d’inclusion de cette série qui, au moins, à essayer.

A partir du moment où l’action commence, les personnages avec leur humour et maladresse à toute épreuve s’avèrent salvateur. On en vient même à s’attacher aux plus secondaires d’entre eux notamment Alexei et Murray qui forme un duo des plus hilarant et touchant. Pour ne rien gâcher, les acteurs restent tous excellents avec une mention spéciale pour qui interprète à la perfection Will Byers.

Ahoy ! Franges et hairspray

Cette saison est plus ancrée dans son contexte historique et à part les machinations russes, on nous présente également l’ouverture d’un grand centre commercial qui se trouvera au centre de l’histoire. Malgré le personnage du maire corrompu déjà vu de nombreuses fois, il était intéressant de voir enfin les manifestations des petits vendeurs ruinés par le supermarché. C’est le début de la surconsommation et on peut voir ses effets sur les personnages, d’un côté l’exploitation infligée à Steve et Robin et d’un autre côté le manque de clients de Joyce qui se retrouvera bientôt sans travail.

Avec le Flagelleur détruisant le supermarché, on pourrait même voir un retour à l’imaginaire. Le centre commercial est la représentation du mal, il abrite les expérimentations russes et la faille vers l’upside down. Le monstre, quant à lui, même s’il est réel sort tout droit de l’imagination des enfants, est un monstre de jeu de rôle. En détruisant le centre commercial, il permet d’un côté à la soeur de Lucas d’assumer son côté nerd, de créer de nouvelles amitiés et pousse même Steve et Robin à chercher un nouveau travail. Où ça ? Dans une boutique de location de DVD bien sûr. Quel meilleur endroit pour rêver ?

Du côté des costumes et du maquillage, STRANGER THINGS reste une vraie belle peinture des années 80 ou du moins de celles qu’on imagine dans les fims de Spielberg. Avec une caméra plus libre que jamais, c’est avec plaisir qu’on retrouve la petite ville d’Hawkins.

Qu’en est-il alors de la nostalgie poussée à son paroxysme qui pouvait nous fait crier au scandale dans la saison 2 de plus en plus prévisible de par ses références ? Eh bien, c’est mieux. Beaucoup mieux. Bien sûr on n’échappe pas à Retour vers le Futur et autres films de la pop culture mais les scènes ne sont plus des répliques, plan pour plan, de passages cultes des années 80. Fini Hopper qui se prend pour Indiana Jones et les démodogs pour des raptors. Certes, l’histoire reste une vaste référence aux années 80 et des films comme Les Goonies et autres films de Spielberg mais, au moins, on laisse la plupart des références être ce qu’elles devraient être : un moyen de comprendre mieux un personnage. Il n’en reste pas moins que même si les années 80 c’était très bien, on se lasse aujourd’hui de ces sempertinelles citations.

Une saison donc qui démarre du mauvais pied pour se réveiller à l’épisode 3 et qui malgré ses clichés – qui resteront adorables pour ceux qui entretiennent une nostalgie particulière pour les films Amblin – touchera les spectateurs avec ses thèmes universels de passage à l’âge adulte et ses personnages attachants. Malgré une saison qui semble dire au revoir aux personnages et clore joliment la série, il semblerait qu’une saison 4 soit déjà en discussion. Peut-être une fausse bonne idée.

Nastassia

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STRANGER THINGS, retour vers le passé pour la saison 3 - Critique
Titre original : Stranger Things 3
Réalisation :
Scénario : Frères Duffer
Acteurs principaux : , ,
Date de sortie :
Durée : 50 minutes
3.0pas mal
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