De MAD MAX 3, l’idée générale qu’on peut s’en faire sans l’avoir vu, est qu’il s’agit d’une vulgaire suite au film le plus génial de la saga; Trop 80’s (Tina Turner et sa permanente), trop américain (PG 13), trop nul, quoi..

QUE NENNI !
Ce qui est génial et commun à chaque épisode de la saga, c’est que l’univers décrit semble exister depuis longtemps, avant que nous le découvrions, ce qui rajoute à son réalisme… Le sens du détail filtrant exclusivement via la direction artistique du film est proprement hallucinant !
On vous renvoie à notre critique du second volume pour l’explication de ce qu’on entend par narration par l’univers – celle-ci est ici, aussi démente que dans le film précédent ; en récupérant les moyens d’une super-production américaine, George Miller s’autorise à pousser à leur paroxysme les passionnants aspects effleurés depuis le début de la saga;

En fait, MAD MAX 3 est un autre film ULTRA-ICONIQUE, une autre pierre angulaire de la pop-culture;
Peut-être moins pour le cinéma (quoique: Le Livre D’Eli lui doit beaucoup), mais évidente pour le jeu vidéo !
Si comme moi vous avez retourné les univers déments de Fallout 3 & New Vegas, ou de Borderlands (puis de Rage dans une moindre mesure), vous prendrez une énorme claque/remise à niveau du nom de Bartertown. Une véritable ville-personnage qui indique d’emblée que MAD MAX 3  n’est pas une simple redite opportuniste du deuxième film, mais bien une oeuvre complémentaire de celui-ci, développant l’univers créée avec Mad Max 2 !

Ainsi, Bartertown paraît être le développement le plus logique d’une vie sociale en univers post-apocalyptique.
Dans Bartertown, les codes basiques commencent à renaître: la monnaie (le troc), “le gouvernement” (Aunty et son antagoniste Master/Blaster), les lois, les classes sociales (la ville du haut/la ville du bas, très Metropolis)… Mais également la notion de divertissement – le DÔME du titre est d’ailleurs une sorte d’arène de gladiateurs aux “règles” complètement WTF, servant à canaliser les énergies négatives du “peuple” !

Ainsi, si Mad Max 2 était axée “futur préhistorique” avec ses “nomades VS sédentaires”, MAD MAX 3 peut se voir comme une vision très romaine du futur, une évolution à la fois technologique et sociale, puisque cette nouvelle société s’est construite grâce à la maîtrise de l’énergie qui faisait défaut depuis l’apocalypse. D’une logique et d’une cohérence absolue.

Question cohérence, comment ne pas louer également le début de la seconde partie du film, qui en allant encore plus loin, examine ce que serait une société victime de l’apocalypse mais n’ayant jamais connu l’apocalypse… Via ces gosses sur lesquels Max tombe par hasard. Là encore, le jeu-vidéo est allègrement venu piller MAD MAX 3 pour représenter l’innocence, au sein d’un monde vicié.

Le début de la seconde partie - mad max 3

Maintenant, pour disséquer le film selon nos critères (voir Mad Max 2) les personnages et les scènes d’action sont ce qu’il y a de moins réussi dans MAD MAX 3.

Cette seconde partie du film marque donc aussi une phénoménale chute du rythme, qui nous fait prendre immédiatement conscience du défaut majeur de MAD MAX 3: son aspect statique !
Le mouvement était ce qui dynamisait à outrance les deux premiers volets; MAD MAX 3 passe 3/4 de son temps en mode piéton. Passé le plaisir pris à observer et comprendre cet univers fourmillant d’idées, l’ennui pointe. L’antépénultième scène d’action (l’assaut de Bartertown avec les gosses) est du coup, assez ratée. Heureusement dans sa scène finale… Miller montre qu’il a plus d’un tour dans son sac; celle-ci est une reprise du final de Mad Max 2, en plus dynamique, plus long. L’occasion de rappeler qui est le patron.

“Malgré de gros défauts (personnages, rythme), MAD MAX 3 est beaucoup plus intéressant qu’il n’y paraît !”

Puis les personnages.
Excepté Max, toujours aussi charismatique et “utilisé”, Aunty (Tina Turner) est vraiment excellente en gourou/Reine d’Angleterre/psychopathe… Toutefois, la chanteuse est une bien piètre actrice, reconnaissons-le. Ridicule dès qu’elle s’exprime. Il ne s’agit pas de la notion de “jeu d’acteur”, mais plutôt de présence, d’expression corporelle – à l’image de Humungus, ou de Toecutter… Ou de Master-Blaster; un autre personnage rentré dans l’inconscient collectif (en atteste Krang des Tortues Ninja, ou ces nombreux boss de RPG constitués de deux entités cerveau/force)
Tous les autres s’inscrivent logiquement dans l’univers, mais malheureusement sans réussir à créer l’empathie, à marquer.

 

En bref, MAD MAX 3 est bien plus intéressant qu’il n’y paraît…
Mais là ou le film pêche, c’est plus en termes de rythme et d’empathie, qu’en termes de créativité et de cohérence. La cassure du milieu, si elle est d’une logique indéniable à l’intérieur de l’univers Miller-ien, coupe le film en deux et lui fait perdre de son intensité… En tous cas, avant une scène finale rappelant celle du deuxième épisode: dantesque, charismatique, géniale.

 

INFORMATIONS

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CRITIQUE DE FURY ROAD
– RÉTROSPECTIVE: la trilogie MAD MAX
LES 4 TRAILERS DINGUES de MMFR
– Les créas de Poster Posse pour MAD MAX : FURY ROAD
– CONCOURS : de nombreux lots à gagner 

Titre original : Mad Max Beyond Thunderdome
Réalisation : George Ogilvie, George Miller
Scénario : George Miller, Terry Hayes
Acteurs principaux : Mel Gibson, Tina Turner, Frank Thring
Pays d’origine : Australie, U.S.A.
Sortie : 25 septembre 1985
Durée : 1h47min
Distributeur : Warner Bros.
Synopsis : Max, de retour, s’est fait dépouiller de son maigre bien. Suivant le voleur, il arrive à la Ville du Troc, où règne Entity. Celle-ci l’engage pour qu’il la débarrasse de Master et Blaster, rois du Monde souterrain. N’ayant voulu tuer Blaster, Max est abandonné en plein désert, d’où il ressurgit à la tête d’une troupe d’enfants pour faire exploser la Ville du Troc.

BANDE-ANNONCE

 

 

MAD MAX 3 (1985), développe l’univers du 2e film

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