Voir autant de films en 10 jours, ça ne pardonne pas. Chaque œuvre entre en concurrence avec une autre, avec évidemment, gagnants et perdants.

Globalement, les promesses de la Sélection n’ont pas été tenues. Certains noms semblaient être présents uniquement pour attirer de beaux poissons sur le tapis rouge. Sean Penn et sa comédie involontaire, les Dardenne et leur plus mauvais film depuis un moment, Nicole Garcia et son mélo sans saveur nous ont déçu au plus haut point. Lorsque l’on n’était pas tout simplement navrés.

Des gros noms desquels on attendait des monts et merveilles, tous n’ont pas réussi à tenir leur rang. Celui à qui on pardonne le plus facilement est évidement Steven Spielberg, parce que son BGG fait office de pause dans sa filmographie après une trilogie historique très sérieuse. Puis, lui au moins, n’était pas en compétition. Juste un cadeau offert par Cannes, une sucrerie. On devient plus sévère lorsqu’on aborde la Compétition Officielle. Le Mademoiselle de Park Chan Wook souffle le chaud et le froid, Ken Loach propose un anecdotique Moi, Daniel Blake, Brillante Mendoza rate son uppercut formel (Ma’Rosa) et Jarmusch peine à nous passionner avec Paterson, sorte d’hommage aux héros normaux.

Pour les réussites, deux catégories se dégagent :

les films maîtrisés et les films imparfaits

La première catégorie n’est pas toujours la plus intéressante mais elle démontre que des réalisateurs ont été à la hauteur de l’événements en livrant des films propres, structurés, solides sur tous leurs aspects, capables de tenir un propos. Souvent des œuvres longues (2h, c’est le tarif minimum !) mais qui sont incontestables tant la maîtrise se ressent. Sieranevada, Toni Erdmann, Loving, Aquarius, Baccalauréat et Le Client … Que ces films répondent ou pas à nos goûts personnels (certains ne nous ont fait ni chaud ni froid), on s’aperçoit lorsque l’on y pose un regard objectif, qu’ils démontrent un réel savoir-faire en matière de cinéma.

La seconde catégorie est évidemment la plus intéressante car elle contient ces films qui nous ont fait le plus d’effet. Jamais parfaits, toujours ponctués de défauts plus ou moins imposants…. Ils nous a néanmoins été impossible de rester insensible durant leur visionnage. Facile de les reconnaître, ce sont eux qui ont divisé la critique : Personal Shopper, Juste La Fin Du Monde, The Neon Demon, American Honey. Ces films, on les retiendra car ils ont réussi à nous travailler intérieurement, à provoquer des réflexions. Et des frissons – ce sentiment si particulier que l’on désire tant. Ils sont faits d’une beauté qui naît de leurs imperfections. Mais aussi de leur audace. Chacune de ses propositions a le mérite d’être identifiable, différente, courageuse. Peuvent se rajouter à ces 4 titres, d’autres œuvres qui nous ont beaucoup plu : The Strangers de Na Hong-jin (nihiliste exploration dans les entrailles du mal), le réjouissant et timbré Ma Loute de Bruno Dumont, Victoria de Justine Triet (marquant une belle progression pour la jeune réalisatrice française) et l’attachant Captain Fantastic porté par un superbe Viggo Mortensen.

Notre pronostic :

Palme d’Or : Toni Erdmann de Maren Ade

Grand Prix : Aquarius de Kleber Mendonça Filho

Prix du Jury : Juste La Fin du Monde de Xavier Dolan

Prix d’interprétation masculine : Adrian Titieni pour Baccalauréat ou Peter Simonischek pour Toni Erdmann

Prix d’interprétation féminine : Sonia Braga pour Aquarius ou Kristen Stewart pour Personal Shopper

Prix de la Mise en scène : The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Prix du Scénario : Le Client d’Asghar Farhadi

RDV dès ce soir pour la cérémonie de clôture, et le palmarès officiel.

 

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