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Les coups de cœur de l’été de la rédaction

L’été approche bientôt à sa fin, l’occasion pour la rédaction de revenir sur les films pour lesquels ils ont récemment eu des coups de cœur.

TOP GUN : MAVERICK de Joseph Kosinski, un coup de cœur pour Simon

Certes le film est sorti avant l’été mais déjà il est toujours à l’affiche et surtout, quel plaisir. Si rien n’est vraiment surprenant dans cette histoire dont on peut deviner les tenants et aboutissants assez facilement, force est de constater que Joseph Kosinski et Tom Cruise nous ont sortis un bon et beau blockbuster. Comme la plupart devraient être en fait. L’histoire est simple ? Oui, mais on va vous sortir un spectacle grandiose, soigné, tourné le plus possible en prise de vues réelles, et retrouver les sensations si agréables ressenties devant un divertissement “à l’ancienne”.

La musique de Zimmer est inspirée et colle les frissons, le montage est solide et si Tom Cruise se met toujours autant en avant, il parvient pour l’instant toujours à se mettre aussi au service de nobles causes avec une certaine sobriété, comme celle de mettre au point le plus grand spectacle possible.

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NOPE de Jordan Peele, un coup de cœur pour Cécile

Jordan Peele n’aura fait qu’une seule erreur : celle d’annoncer Barbie Ferreira, une des stars dEuphoria, au casting, pour ses pauvres 30 secondes à l’écran. Sinon, que dire à part que le film remplit parfaitement les critères du film d’extra-terrestre complètement barré, en plus d’être bourré de références ? Il y a les héros, le looser de base qui réalise à la fin du film un move de génie, le scientifique (ici remplacé par le caméraman) un peu fou, l’américain insupportable et ses vieux traumatismes de gosse, et l’alien plus qu’impressionnant.

En vérité, la bande annonce n’était que la très petite partie visible de l’iceberg, mais en allant voir le nouveau film du créateur de Get Out et d’Us, il ne fallait pas s’attendre à quelque chose de prévisible et de totalement censé. C’est comme si on s’étonnait d’avoir vu du sang dans un film de zombies. Puis, c’est scandaleux de voir la facilité à laquelle Daniel Kaluuya parvient à partager tellement d’émotions sans ne serait-ce que bouger le moindre muscle de son visage. Comme quoi, nul besoin d’être expressif pour se faire comprendre. Steven Yeun reste le très bon acteur qu’on a connu dans The Walking Dead, et mention spéciale à Keke Palmer, qu’on imaginait pas si bonne oratrice.

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LA NUIT DU 12 de Dominik Moll, un coup de cœur pour Emeric

Il est de ces films qui laissent pantois, sonné. Dans cet exergue, LA NUIT DU 12 fait figure d’uppercut. Outre le récit d’une enquête inaboutie, le nouveau film de Dominik Moll détonne par le déploiement d’un récit vaste, d’une majestueuse sobriété. Y coexistent un apologue fascinant, doux et pessimiste, sur les conditions de travail d’une brigade policière ainsi qu’une réflexion seyante sur les rouages virilistes d’un milieu essentiellement masculin. Si défilent à l’écran des âmes tourmentées, celles-ci sont métonymiques d’un réalisme très moderne. Moll révèle une âme tendre lorsqu’il s’agit de dépeindre la psyché de héros tourmentés, à bout de souffle, mais il sait aussi faire preuve d’une radicalité bluffante.

Sans concession lorsqu’il s’agit de manipuler son spectateur, le metteur en scène excelle à brouiller les pistes, notamment quand on observe les éventuelles suspects. D’un rappeur égaré à un conjoint violent, tous sont caractérisés de telle sorte que tous semblent capables d’avoir commis l’irréparable. Se libérant des stigmates d’un simple récit policier, cette Nuit du 12 captive et fascine quand elle déploie une profonde émotion par l’intermédiaire de personnalités discrètes et soucieuses, sorte de parangons d’un autre temps, prisonniers d’une enquête impossible. Le poids du traumatisme devient alors tangible et l’on se plaît à imaginer Moll poursuivre cette quête insatiable, non pas celle de ses héros, mais bel et bien de produire du grand cinéma, à la sincérité communicative.

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NOT OKAY de Quinn Shephard, un coup de cœur pour Sarah

Avec ce premier long-métrage, Quinn Shephard signe une satire sociale assez surprenante sur la célébrité et les réseaux sociaux. En dressant le portrait sans pitié de Danni Sanders, interprétée par Zoey Deutch, la réalisatrice réussit à rendre son personnage aussi détestable qu’irrécupérable. Et pour cause, la jeune femme ambitieuse avait menti au sujet d’un voyage à Paris pour gagner des abonnés et de la visibilité sur les réseaux sociaux. Sauf que lorsqu’un attentat terroriste survient dans la ville, elle décide de mentir sur sa présence pour récupérer l’attention médiatique de l’évènement. Pour Danni, il ne s’agit que d’un crime sans victimes qui lui permettra d’accéder à la célébrité et au petit ami rêvé, une contrefaçon de Pete Davidson brillamment interprété par Dylan O’Brien.

Avec cynisme et humour, NOT OKAY pointe du doigt la façon parfois absurde dont les réseaux sociaux transforment certaines personnes traumatisées en célébrités. Derrière sa superficialité, le long-métrage offre ainsi une réflexion intéressante sur la popularité et le cyber-harcèlement. L’une des scènes finales, intransigeante envers l’héroïne, contribue également aux questionnements sur le pardon grâce à une belle interprétation de Mia Isaac (Rowan Aldren).

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LE HAUT DU PANIER (Hustle) de Jeremiah Zagar, un coup de cœur pour Simon

Il y a dans les films de sport un paradoxe amusant: on sait comment tout ça va se terminer, et pourtant on marche. C’est le cas ici avec ce film réalisé par le nouveau venu Jeremiah Zagar dont c’est le deuxième film, et co-produit notamment par Adam Sandler et LeBron James. Sandler interprète un énième recruteur blasé qui va, bien sûr, tomber sur un joueur qui va lui redonner espoir. Si le programme est donc plutôt connu, l’histoire n’en est pas moins prenante et touchante. Une des bonnes idées du film fut de caster un véritable joueur de basket (Juan Hernangomez) pour le rôle principal d’ailleurs attachant, le joueur déniché étant un jeune père de famille espagnol divorcé qui vit avec sa mère et sa fille. Le recruteur et le joueur, en quête de réussite, se révèlent donc rapidement touchants, et Sandler a une nouvelle occasion de montrer ses talents dans des registres sérieux.  Un bon et joli film, sorti sur Netflix ce 8 Juin.

D’ailleurs, si vous voulez voir un des meilleurs biopics sportifs qui ait été réalisé, c’est vers Le Stratège (Moneyball) qu’il faut se tourner, où Brad Pitt livre une des plus belles performances de sa carrière. C’est intelligent, beau, et sur Netflix aussi.

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BULLET TRAIN de David Leitch, un coup de cœur pour Cécile

On savait très bien comment cela allait finir : Brad Pitt allait évidemment, grâce à une deux, trois pirouettes abracadabrantes, un petit snack et une queue de cheval, s’en sortir vivant. Et même si BULLET TRAIN est un blockbuster tout ce qui a de plus blockbusterisant, le merveilleux casting, l’énigme du vrai méchant et le rythme des arrêts de train rendent le tout bien plus envoûtant. Non les vannes ne sont pas lourdes, oui les références fonctionnent (coucou Percy Jackson), oui les acteurs fonctionnent parfaitement dans leurs rôles.

C’est rafraîchissant bien que pas forcément original, mais honnêtement, l’originalité fait parfois bien trop mal au crâne. Et à l’heure où la canicule battait son plein, nul n’avait besoin d’une migraine en prime. Cela faisait en fait très longtemps qu’on n’avait pas ri pour de vrai, sans avoir honte des blagues qui nous ont eues, et qu’on ne l’avait pas partagé comme cela avec une salle très franchement hilare.

bullet train

AS BESTAS de Rodrigo Sorogoyen, un coup de cœur pour Emeric

Qualifié à bon escient de western ou de film d’ambiance, AS BESTAS est avant tout le récit d’une confrontation. Et c’est quand le film creuse ce vertige-là (deux parisiens, nouvellement installés en Galice, pris à partie par des villageois peu accueillants) qu’il trouve ses meilleurs moments. D’une séquence nocturne où le couple est mis en difficulté à un plan séquence insensé où naît une sublime joute verbale, AS BESTAS s’égare avec brio dans des impasses angoissantes, jusqu’à l’explosion à l’écran d’une violence rare. En traçant ainsi sa route loin des écueils du film de genre, le récit fait peau neuve dans sa propension à effacer toute forme de manichéisme. Les pièces, avançant aveuglées sur ce plateau d’échec, sont toutes louables ; si on pense spontanément à la radicalité d’un Boorman ou à un jeune Dustin Hoffman malmené dans les campagnes britanniques, le manichéisme se dilue plutôt à la manière d’Impitoyable de Clint Eastwood.

Mention spéciale à Marina Foïs, qui enchaîne les performances convaincantes, même lorsqu’elle est confrontée à la crédulité de sa propre fille, personnage malheureusement sans grande consistance. On excuse volontiers ce léger écart à Sorogoyen, tant son récit atteint nombre de points culminants lorsqu’il déploie avec brio ses intentions sociologiques. Un tour de force.

bestas

La rédaction

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