Photo du film THANKSGIVING, LA SEMAINE DE L'HORREUR
Crédits : CTMG

THANKSGIVING : LA SEMAINE DE L’HORREUR, du fun en barre – Critique

Eli Roth, réalisateur d’Hostel et de Cabin Fever, revient avec un slasher nostalgique qui tient quasiment toutes ses promesses. Au point qu’on en viendrait presque à considérer THANKSGIVING, LA SEMAINE DE L’HORREUR comme son meilleur film. Explications.

A grindhouse movie

Parmi les représentants du cinéma d’horreur actuels, Eli Roth s’est avant tout fait remarquer par les coups marketing orchestrés autour de ses films. À la sortie de The Green Inferno en 2013, des sacs à vomi avaient notamment étaient distribués aux spectateurs avant certaines séances, pour les préparer aux abominations qu’ils s’apprêtaient à voir. Vendu comme un spectaculaire hommage aux films de cannibales italiens de la fin des années 70 et du début des années 80 – tels que Cannibal Holocaust ou Cannibal FeroxThe Green Inferno fit plutôt l’effet d’un pétard mouillé, avec un résultat en-deçà de l’attente générée. Néanmoins, si sa carrière n’est émaillée d’aucun chef-d’œuvre notable, Eli Roth suscite un tant soit peu de sympathie pour quelques uns de ses faits d’armes, à savoir Cabin Fever (2002) et Hostel (2005).

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Les amateurs attendaient donc THANKSGIVING : LA SEMAINE DE L’HORREUR dans un état d’esprit mitigé. Car si son réalisateur et co-scénariste ne se distingue ni par sa subtilité, ni par un sens aiguisé de l’écriture, il arrive que l’on se prenne effectivement au jeu – pour peu que le divertissement proposé comporte son lot de fun et de sensations fortes. À l’origine du projet : la fausse bande-annonce réalisée par Eli Roth pour le double programme Grindhouse de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez, produit en 2007. Vastes hommages au cinéma d’exploitation diffusé dans les drive-in américains, Boulevard de la mort et Planète Terreur étaient, en effet, proposés en double séance, entrecoupés de bandes-annonces fictives, dont certaines ont donné lieu, plus tard, à de véritables longs-métrages. C’est ainsi que naquirent Machete de Robert Rodriguez en 2010, puis Hobo with a shotgun de Jason Eisener en 2011. Et THANKSGIVING : LA SEMAINE DE L’HORREUR aujourd’hui – l’histoire d’un tueur déguisé en pèlerin s’en prenant à un groupe d’adolescents responsables d’un mouvement de foule fatal lors du précédent Black friday.

Plutôt Scream que Vendredi 13

Étrangement, THANKSGIVING : LA SEMAINE DE L’HORREUR se détache de son trailer initial pour proposer un hommage aux neo-slashers des années 90, voire même plus largement à certaines productions des années 2000 comme Destination finale, plutôt qu’à l’exploitation horrifique de la fin des années 70 et des années 80. Il en conserve néanmoins la gageure avec une intrigue liée à une festivité imminente – en l’occurrence Thanksgiving – tout comme Halloween, la nuit des masques en 1978, My Bloody Valentine en 1981 ou Christmas Evil en 1980. Le film se targue également de quelques meurtres sanglants et trash, toujours dans ce même esprit grindhouse, bien que le résultat final manque grandement de folie par rapport aux promesses de 2007. En effet, on devine aisément que le référentiel aux années 90-2000 a été choisi pour des raisons mercantiles, compte-tenu du succès des derniers opus de la saga Scream.

Photo du film THANKSGIVING, LA SEMAINE DE L'HORREUR
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De même qu’on reprochera à THANKSGIVING : LA SEMAINE DE L’HORREUR une image parfois trop propre et des aspects lissés à la faveur du public adolescent. Il n’empêche que, pour l’audience qu’il drague, le dernier Eli Roth s’en sort avec les honneurs. Le film bénéficie effectivement d’une petite pointe d’impertinence bienvenue, ainsi que d’un contenu bien plus graphique que ce à quoi on aurait pu s’attendre. De plus, si le réalisateur s’est souvent essayé à l’humour noir sans jamais y parvenir vraiment, cette fois, la touche de comédie horrifique un peu grasse fonctionne et sert même de respiration au spectateur. Car oui, THANKSGIVING : LA SEMAINE DE L’HORREUR contient de réels moments d’angoisse. De même que son whodunit – recherche de l’identité du tueur – crée une réelle attente, bien que sa résolution se révèle capillotractée au possible, mais à la mesure des œuvres qu’il parodie.

Le meilleur d’Eli Roth

Le film est effectivement émaillé de références assez plaisantes, telle que la cohue durant le Black friday qui évoque, par certains aspects, le Zombie de Romero. De plus, aussi surprenante qu’elle puisse paraître, la présence de Patrick Dempsey au casting constitue une idée brillante. Parfait dans le rôle du gentil sheriff, il évoque évidemment David Arquette dans Scream. De cette dimension d’hommage, THANKSGIVING : LA SEMAINE DE L’HORREUR ne s’encombre pas pour autant. En effet, si elle est amusante pour l’œil initié, elle ne perd pas pour autant le néophyte. Et, à ce titre, le film se distingue comme un parfait divertissement horrifique à savourer avec son paquet de pop-corn. S’il n’est effectivement pas exempt de défauts, il respecte son cahier des charges et nous offre un tour de manège agréable, à la fois nostalgique et dans l’air du temps.

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À ce titre, il semblerait qu’Eli Roth ait enfin compris qu’il n’était ni un grand scénariste, ni un réalisateur de génie, mais un assez bon pourvoyeur de fun lorsqu’il parvient à doser efficacement ses ingrédients. Mieux construit qu’un Cabin Fever, plus sincère qu’un Hostel et moins rentre-dedans qu’un Green Inferno, THANKSGIVING : LA SEMAINE DE L’HORREUR se distingue certainement comme la meilleure réalisation de son auteur. Toutefois, si la vue d’un slasher un poil stupide et les sempiternelles références au cinéma d’horreur des années 90 vous rebutent, le spectacle risque effectivement de ne pas vous plaire. Le numéro se destine essentiellement aux amateurs et aux gamins en quête de sang depuis le cinquième volet de Scream. Un postulat somme toute assumé, qui tient plutôt bien ses promesses.

Lilyy Nelson

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Party hard

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