Dans la lignée de son prédecesseur, SPIDER-MAN FAR FROM HOME nous interroge, toujours avec humour, sur l’adolescence, les responsabilités et comment grandir.

Peu après les évènements de Endgame, la Terre porte toujours le deuil de Tony Stark quand se réveillent quatre élémentaux venus tout détruire. Heureusement, Spider-man va pouvoir s’allier avec Fury et Mysterio, venu d’une autre version de la Terre, afin de les repousser. Pourtant Peter veut simplement vivre une vie normale avec MJ sans subir le poids des responsabilités laissées par son ancienne figure paternelle, Stark.

Ce SPIDER-MAN on l’attendait, le premier film post-Endgame et qui clotûre la phase 3 du Marvel Cinematic Universe. Il annonçait la couleur en propulsant donc l’Homme-Araignée comme grand super-héros des nouveaux . On en attend donc probablement autant que les personnages du film en attendent de lui : reprendre le flambeau et faire mieux que son prédécesseur. Le film est-il donc à la hauteur?

Loin des derniers Marvel, on retrouve le calme et l’humour d’un film qui, en brassant tout de même de grands enjeux, parvient à rester humain dans tous ses aspects. Une mise en scène proche des personnages, pas de grands plans mais un regard plus intimiste sur le héros, nous entraine non pas forcément au coeur de l’action à tous les instants mais bien parfois avec celui qui sauve les innocents pendant qu’un héros apparemment plus fort distribue des claques aux vilains.

La force donc du film se trouve dans son humanité et notamment ses personnages, parfois un tantinet cliché – le nerd qui sort avec la blonde – mais qui restent attachants et plus complexes qu’il n’y parait. Peter évolue au cœur de tout cela comme un enfant perdu à qui on aurait donné trop de responsabilités. Si ce thème est particulièrement intéressant et au cœur de la franchise, ce doute de soi permanent avait déjà été abordé dans le premier opus et c’était en trouvant une figure paternelle en Tony Stark que Peter avait pu le surmonter. Maintenant qu’il a perdu cette figure, il lui faut retrouver confiance en lui-même et en ses capacités. Pléthore de simulacres paternels s’offrent alors à lui, de Mysterio à Happy.

Mysterio, un nouveau père pour Peter ?

On en arrive, ici, au point le plus intéressant du film. Mysterio est d’abord construit comme un nouveau père pour Peter, quelqu’un qui comprend sa part d’humanité et ne le voit pas seulement comme un sauveur sur lequel on peut compter. Malheureusement, cette relation aurait pu être poussée plus loin. On tourne vite au délire mégalo alors que l’humanité des débuts de Mysterio aurait pu créer un personnage plus complexe. L’idée du faux père est déjà présente de par les illusions crées par Mysterio – notamment celle de Tony sortant de la tombe – et son discours sur le fait de se mentir à soi-même. Pourtant le scénario aurait mérité un peu plus de subtilité et surtout d’émotion puisque la scène où Peter assume sa tristesse n’arrive que vers la fin du film et est de très courte durée. En revanche le détachement de la figure paternelle est très bien figurée par l’évolution des costumes de Peter dans le film. Il commence par le costume que lui a fait Tony puis régresse jusqu’à son tout premier qui tient plus du pyjama. Ainsi, il perd tout ce qu’il a construit mais à la fin du film, il se fait son propre costume. Il peut redevenir lui-même et choisir qui il est.

Peter doit aussi se mesurer à des problèmes de reconstruction familiale

Ce film apporte un vent de fraîcheur sur le et une belle histoire de passage à l’âge adulte dans lequel un super-héros n’hésite pas à dire « Viens me chercher, j’ai merdé« . Les enjeux de Peter, notamment draguer MJ, sont proches de ceux du public, et il reste un grand héros populaire. Comme le disait d’ailleurs si bien New Generation, nous avons tous un Spiderman en nous et c’est ici ce que nous démontre Marvel. Fallait-il donc finir la phase 3 sur SPIDER-MAN plutôt que Endgame ? Oui. Ce film nous apporte un nouveau héros jeune, peu sûr de lui, qui fera des erreurs comme ceux d’avant mais qui mènera tout de même les .

Et maintenant on peut parler de cette scène mi-crédits qui semble avoir marqué les esprits ! L’identité secrète de Peter est révélée, ce qui nous laisse avec plusieurs idées pour le prochain film mais ce qui fait également un parallèle avec Tony Stark. Ce dernier avait décidé d’annoncer à tout le monde qu’il était Iron Man et pour profiter de sa célébrité. Au contraire, Peter est forcé à sortir de l’ombre. Changement de direction donc, pour le leader des Avengers. Quant au prochain film, se pourrait-il que Spider-man soit persécuté à cause de l’annonce de Mysterio ? De manière plus importante, ce sera un nouveau défi pour l’adolescent d’être si différent des autres et de se faire accepter.

Spider-man reste le héros le plus humain

FAR FROM HOME est donc une suite drôle et sympathique au précédent film. Préférant cet opus à la fois pour son humour, ses combats plus aériens et sa mise-en-scène, nous aurions voulu voir un deuil plus accentué et une nuance plus grande à propos des personnages. Sans être le chef-d’oeuvre qu’était New Generation, ce SPIDER-MAN reste une belle promesse d’avenir pour la suite du Marvel Cinematic Universe.

Nastassia

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SPIDER-MAN : FAR FROM HOME, loin du père, près du cœur - Critique
Titre original : Spiderman Far From Home
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs principaux : , Samuel L. Jackson, ,
Date de sortie :
Durée : 2h09min
3.5pas mal
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